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Ma sélection de rosés insolites

Alors, maintenant que le rosé est une boisson à la mode, on entend beaucoup moins les remarques acerbes (qui m’ont toujours agacée) du style, « le rosé n’est pas un vrai vin ».

Le rosé est un vin qui a une vinification en partie comparable à celle des blancs, sauf qu’effectuée à partir de cépages rouges : pas de phase de macération (pressurage direct) ou une macération courte (rosé de saignée) afin d’éviter l’extraction des composés phénoliques (anthocyanes) situés dans la pellicule des baies.

On a l’habitude de le consommer l’été, plutôt à l’apéro, bien frais. Il se présente à nous avec sa robe très claire, ses notes fruitées, sa bouche fraîche et séductrice.

L’année dernière, à peu près à la même époque, j’ai organisé une battle de rosés du Languedoc (voir billets Battle de rosés du Languedoc #1 et Battle de rosés du Languedoc #2). Aujourd’hui, j’ai envie de vous montrer qu’il y a des rosés divers et variés, qui peuvent nous réserver de belles surprises !

Je vous ai donc sélectionné 5 rosés atypiques…

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Pure, Jean Perrier & Fils, 2015, un rosé de Savoie
Un rosé original car provenant d’une région où on ne l’attend pas, la Savoie, et ayant subi une vinification peu commune : une deuxième fermentation (ou fermentation malolactique), afin de diminuer l’acidité de ce Gamay des montagnes.
Un nez frais de groseille, pêche blanche, une pointe d’aneth. Une bouche précise, à la finale pêchue de pomelos.
Une pépite (prix 9,45€), pour un apéro étonnant !

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Terra Nostra, Sciaccarellu, cave de la Marana, 2015, un rosé de Corse
Un rosé issu d’un cépage endémique de l’Île de Beauté, le Sciaccarellu. Un nom qui vient de l’adjectif «sciacca» ou craquant en Corse, évoquant le caractère croquant de ses raisins.
Au nez, les fruits (fraise Mara des Bois, kumquat, brugnon), sont relevés d’un soupçon de curry jaune. Une bouche dense, une jolie matière, qui laisse une sensation gourmande.
Un vin qui sent bon le soleil de la méditerranée (prix 5,50€), pour un instant de gastronomie avec des charcuteries corses.

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Family réserve rosé, Domaine de Pellehaut, 2015, un rosé des Côtes de Gascogne
Un rosé de Syrah et Tannat, élevé en partie en barriques.
Une expression très riche et intense de coing, petits fruits rouges, miel, papaye. Une bouche ample, caressante, à la fraîcheur surprenante !
Un rosé atypique (prix 8,50€), complexe et tendu, pour un bon repas : jambon Bellota, saumon sauvage, pâtes à la langouste.

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Estandon Légende, 2012, un rosé des Côtes de Provence
Un rosé de garde, millésimé, un assemblage de Grenache Noir, Syrah et Rolle, vendangés en légère sur-maturité, vinifiés et élevés partiellement en fûts de chêne neufs.
Un nez qui respire la praline, la griotte, les notes toastées. Une bouche ronde, qui n’a pas pris une ride, une jolie sucrosité en finale.
Un vin d’exception (prix 17-20€), à dédier à la table : tian de légumes, pissaladière, thon rouge, clafoutis aux pêches.

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Suvla rosé, Karasakiz, 2013, un rosé de Turquie
Nous finissons en beauté avec le rosé atypique par excellence : un cépage autochtone turc (le Karasakiz), une macération en partie carbonique (procédé réservé à certains vins rouges, voir billet La macération carbonique), un bel élevage.
Exubérance et gourmandise sont les maîtres-mots ; un nez riche d’eau de rose, de caramel, d’épices orientales, de fruits confits. Une bouche chaude, concentrée, opulente, une pointe d’amertume rafraîchissante en finale.
Un vin surprenant (prix 25€), fidèle à ses racines, pour un dîner évasion : couscous, tajines, pâtisseries orientales.

Ils peuvent être issus de contrées inhabituelles, de cépages particuliers, vinifiés afin qu’ils s’expriment différemment, qu’ils se gardent dans le temps. Les vins rosés sont riches de leur diversité. Il serait donc bien dommage de les cantonner à un amour d’été !

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