Autour du vin
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Et si on dégustait ?

Alors voilà, en tant que lecteurs assidus de La WINEista, vous savez déjà que j’ai été invitée sur le plateau de Bordeaux en live pour une séance de dégustation de mon vin du weekend.
Une superbe occasion de participer à Bordeaux fête le vin, de connaître les joies du direct et de se replonger dans le béaba de la dégustation d’un vin.

La dégustation d’un vin n’est pas uniquement utile pour briller en société ! C’est une méthodologie permettant de réaliser une analyse sensorielle du vin afin de pouvoir le décrypter, en parler avec un vocabulaire commun et évaluer ses qualités organoleptiques.
Elle se déroule en trois étapes utilisant des sens différents : la vue, l’odorat et le goût.

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L’analyse visuelle permet d’appréhender la limpidité, la brillance, la robe et les larmes du vin.

photo-tabbisLa robe nous donne des indices sur les cépages utilisés et l’âge du vin. Un Pinot Noir par exemple présentera une robe peu intense avec une légère transparence. Un vin blanc jeune aura des reflets verts alors qu’il évoluera ensuite vers des reflets dorés puis ambrés. Un vin rouge jeune aura une nuance violette puis orangée ou tuilée.
Les larmes indiquent, quant à elles, la teneur en alcool et la présence de sucres résiduels.

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L’examen olfactif détermine les arômes du vin. Il nous renseigne sur les cépages, les méthodes de vinification et d’élevage, l’âge ou encore le terroir.
Il s’effectue en deux temps. Tout d’abord, sans remuer le verre ; c’est le « premier nez » qui permet de déterminer l’intensité aromatique et les arômes dominants.
Ensuite, en agitant le vin ; c’est le « deuxième nez » qui nous révèle toute la complexité aromatique d’un vin.

Les arômes du vin sont classés en différentes familles que le dégustateur s’efforce de reconnaître : les fruits (fruits rouges, fruits exotiques, …), les fleurs (rose, violette, …), les végétaux (poivron vert, tabac, …), les épices (poivre, réglisse, …), les notes boisées (vanille, cèdre, …), grillées (café, caramel, …), minérales (pierre à fusil, craie, …), animales (cuir, musc, …), lactiques (beurre, lait,…) ou encore les défauts (bouchon, vinaigre, écurie, …).

C’est un exercice qui n’est pas toujours évident, qui demande de l’entraînement et qui fait référence à notre passé olfactif. Par exemple, une personne qui a passé son enfance chez ses grands parents dans le sud de la France aura plus de facilité à reconnaître des arômes de garrigue alors qu’il lui sera plus difficile d’identifier des notes de myrtille sauvage !

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Au cours de l’examen gustatif, il s’agit de déterminer : l’homogénéité en bouche, l’équilibre du vin, sa concentration et sa longueur en bouche.
Il diffère selon le type de vin ; rouge, blanc ou rosé.

L’homogénéité en bouche est la cohérence entre :
– les premières sensations ressenties en bouche (dans les premières secondes) ou « l’attaque en bouche » : une attaque fuyante, à dominante acide ou au contraire une attaque ample et équilibrée.
– le « milieu de bouche », c’est-à-dire les sensations gustatives qui arrivent au niveau de la langue et du palais : l’harmonie et le volume du vin.
– « la finale » : la dernière sensation gustative perçue en bouche.

L’équilibre du vin est l’équilibre entre le moelleux, l’acidité et les tanins (pour les vins rouges).
Le moelleux ou gras est lié à la teneur en alcool et en sucres.
Les tanins sont très importants dans les vins rouges car ils vont constituer la charpente du vin. Il faut essayer de distinguer leur qualité. Ils peuvent être rugueux, grossiers (ils assèchent ou râpent la langue) ou au contraire fins, veloutés.

La concentration du vin désigne le corps, la matière.

La longueur en bouche fait référence à la persistance des arômes après avoir avalé (ou recraché) le vin. Une grande longueur en bouche est signe d’un grand vin.

La dégustation d’un vin stimule nos sens. Elle peut nous faire voyager, réveiller des souvenirs, nous surprendre, parfois nous décevoir.
Prendre le temps de s’attarder sur un vin, d’échanger, est une aventure passionnante qui, pour être réussie, demande une certaine dose d’humilité.
Au-delà de sa méthodologie, il ne faut jamais perdre de vue que, le plus important, est d’avoir du plaisir !

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