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Mes coups de cœur d’Irouléguy

Ce vignoble au charme fou (voir billet Le vignoble d’Irouléguy) m’a évidemment révélé des chouchous ! Partons à la découverte de mes domaines et cuvées coups de cœur d’Irouléguy…I

La cave d’Irouléguy, l’exemplaire.

Je suis encore trop souvent agacée par la mauvaise presse des caves coopératives ! Je conseille donc vivement à leurs détracteurs de rendre une petite visite à la cave d’Irouléguy…

C’est pour moi l’exemple parfait d’une cave dynamique, qui a su évoluer avec son temps et qui n’a rien à envier aux caves particulières (à bon entendeur…). Leur site internet est superbe, ils sont actifs sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram) et leur caveau de vente est juste dément !

Un grand espace lumineux où les différentes cuvées sont joliment présentées, un coin dégustation professionnel et convivial, une mise en valeur de l’humain par de grands portraits suspendus des coopératrices et coopérateurs, une scénographie digne de la Cité du Vin à Bordeaux (à plus petite échelle) détaillant le cycle de la vigne, les terroirs… 

Avec ses 150 ha, elle représente 60% des surfaces plantées de l’appellation. Elle réunit 81 adhérents portant haut et fort les valeurs de l’esprit coopératif.

Tous ces efforts payent évidement en bouteille. Leur gamme est très bien habillée, avec le juste équilibre entre tradition basque et modernité, et la qualité des vins est au rendez-vous.

Mon chouchou est un « Incontournable » : Mignaberry blanc 2017 (80% Gros Manseng, 15% Petit Manseng, 5% Petit Courbu).
Une petite bombe de fruits exotiques, agrumes et fleurs blanches, à la bouche vivifiante.
Un vin qui éveille les papilles et qui donne le sourire aux lèvres !

Le Domaine Ilarria, le pionnier.

En 1987, Peio Espil fut le premier vigneron en cave particulière de l’appellation. Au fil du temps, il a fait évoluer ces bâtiments de caractère, anciennement dédiés majoritairement à l’élevage, afin d’y accueillir une cave de vinification, un chai à barriques et un caveau de vente.

La réhabilitation du vignoble a été une rude tâche. Les coteaux calcaires pentus anciennement dédiés à la vigne, mais restés longtemps en friche, ont été petit à petit replantés (au pic et à la barre à mine) en prenant soin de conserver les vieilles murettes en pierre et les charmantes cabanes de vignerons d’antan.

Aujourd’hui, le domaine exploite 10 ha de vignes cultivées avec passion sur ces terroirs pauvres et rocheux (rendements de 20 à 40 hl/ha).

Mon chouchou est le blanc 2016 (50% Petit Manseng, 50% Petit Courbu).
Un vin de gastronomie, ample et complexe, qu’il faut prendre le temps de savourer…

En tant que « winelover » qui a un grand cœur, je reviendrai en Irouléguy afin de poursuivre mes belles rencontres.

Milesker !

Le vignoble d’Irouléguy

Il nous arrive de partir au bout du monde à la découverte de vignobles insolites qui sauront dépayser nos papilles. Une envie somme toute largement intelligible, à condition de ne pas délaisser les pépites sur le pas de notre porte… C’est le sentiment que j’ai eu après mon escapade dans le vignoble d’Irouléguy. Une pépite au charme fou !

Irouléguy, le charme de son exclusivité.

Ses vins n’envahiront jamais les linéaires des supermarchés. Et pour cause, ce vignoble niché au cœur du Pays Basque, autour de Saint Etienne de Baïgorry et de Saint Jean Pied de Port, se déploie avec grâce sur seulement 240 ha. Il est considéré comme l’un des plus petits vignobles de montagne de France. 

Le Syndicat des Vins d’Irouléguy, créé en 1945, ne compte que 11 domaines et 1 cave coopérative. 

Le charme de ses courbes.

Son exclusivité n’est pas uniquement l’apanage de son aire d’appellation confidentielle. Elle est aussi la conséquence de son terroir.

Des petites parcelles en terrasses fleurissent sur des collines pentues (jusqu’à 80% de pente) ne permettant qu’un travail manuel (avec de bons cuissots !). 

Ses sols de grès rouges, argileux, calcaires ou schisteux, majoritairement rocheux et pauvres, limitent naturellement les rendements (autour de 40 hl/ha).

Le charme de sa diversité.

Ne vous attendez pas à voir des petits villages entourés exclusivement de vignes. Ici, prendre une jolie photo du vignoble se mérite !

Tout d’abord, parce qu’il s’agit de trouver les parcelles, qui sont réservées aux terroirs les plus qualitatifs, entre les pâturages. Les vignerons sont aussi des éleveurs (moutons, brebis, vaches) et parfois même des producteurs de cidre et de jus de pomme. 

Ensuite, parce que leur accès n’est pas facile. Pour réussir un cliché vertigineux, il vous faudra gravir la pente, puis vous faufiler entre les clôtures. L’insatiable appétit des brebis toutes mignonnes qui pâturent gaiement dans les vignes en hiver n’est plus le bienvenu dès le débourrement !

Le charme de ses cépages autochtones.

Nous sommes ici dans un des fiefs des cépages endémiques du Sud-Ouest. En rouge, le Tannat, Cabernet Franc et Cabernet Sauvignon représentent 85% des surfaces plantées. En blanc, le Gros Manseng, Petit Manseng et Petit Courbu, complètent le gâteau.

Les vins blancs, d’une extraordinaire puissance aromatique tout en élégance, à la trame ample et mordante, ont le vent en poupe (à juste titre). Les rosés dénotent un peu (et tant mieux !) de la tendance pâlotte actuelle pour offrir une belle concentration leur permettant de s’inviter à table. 

Il est grand temps de faire fi des a priori, à Irouléguy (tout comme à Madiran), on a réussi à « enrouler » les tanins du Tannat ! Les rouges s’expriment selon différents profils : amical et gouleyant, ou de garde et charpenté.

Le charme de ses vigneronnes et vignerons.

Des vigneronnes et vignerons aux sourires fiers de leurs créations, amoureux de leurs terroirs difficiles, gourmands des accords mets et vins régionaux, parfois un peu chauvins, mais c’est aussi ce qui fait leur charme…

On se retrouve pour mon prochain billet, mes coups de cœur d’Irouléguy !

Millésime Bio 2019, mes coups de cœur

Pendant ces 3 jours à Montpellier les allées du salon Millésime Bio ont foisonné de dégustateurs avides de découvertes, de jolies bouteilles du monde entier, de vigneronnes et vignerons impatients de partager leur passion. Retrouvez mes coups de cœur pour cette édition 2019…

Pas facile de faire un choix parmi les 1200 exposants… Il y eu de belles retrouvailles, des rencontres impromptues, énormément de plaisir !

Alain Chabanon, l’as des vins de garde

32 mois d’élevage (dont 12 en foudres) pour Trélans 2015, 36 en cuves ovoïdes béton pour Saut de Côte 2015. Alain Chabanon a la patience d’élever ses vins avec soin, et ils le lui rendent bien ! Que ce soit en blanc ou en rouge, ses cuvées à l’incroyable fraîcheur ont toutes les qualités pour passer haut la main l’épreuve du temps… Un grand vigneron du Languedoc !

Borie de Maurel, la plus belle gamme de vins rouges

Le Charivari, Esprit d’Automne, La Féline, Rêve de Carignan, Belle de Nuit, Sylla… Derrière ces noms évocateurs, il se cache un magnifique éventail de vins rouges exprimant la typicité de leurs terroirs et de leurs cépages, tout en gardant « la patte » de leur vinificateur. A Borie de Maurel, Michel Escande fait vibrer le Minervois !

Giannikos Winery et Pasji Rep, deux pépites étrangères

En Grèce, Giannikos Winery et son époustouflant Roditis, en Slovénie, Pasji Rep et sa superbe Malvazija (ou la Malvoisie de l’Istrie). Deux vins blancs qui révèlent tout le panache de leurs cépages autochtones… Pour faire voyager vos papilles !

Hegarty Chamans et Domaine Rotier, les plus beaux sourires

Quand deux jolis vins vous sont présentés avec amour et sympathie, cela reste encore plus gravé dans votre mémoire…
Jessica Servet avec Les Nonnes, Hegarty Chamans, un blanc du Minervois au bouquet enchanteur de fleurs blanches. Alain Rotier avec L’Âme, Domaine Rotier, un rouge exceptionnel à base de cépages endémiques de Gaillac (Duras et Braucol). Merci pour votre gentillesse !

Domaine Mirabel et Domaine de la Dourbie, ils revisitent les cépages

Tous deux ont à cœur de mettre tout en haut de l’affiche des cépages ancrés dans leurs racines languedociennes…
Le Domaine Mirabel a mis les cinq variétés phares du Pic Saint-Loup (Syrah, Carignan Noir, Mourvèdre, Grenache Noir, Cinsault) sous les projecteurs dans son rouge Les Bancels. Le Domaine de la Dourbie illumine le Cinsault avec sa Grande Cuvée. Pour un spectacle sensoriel !

Château de la Liquière, une belle leçon de vie

Après une année 2018 bousculée par le Mildiou, le Château de la Liquière a su réagir avec tout le professionnalisme, la sensibilité et l’imagination qui les caractérisent… Cette parcelle de Cinsault a éclairé le millésime, il fallait bien lui rendre un bel hommage avec une nouvelle cuvée baptisée L’Ampoule !

Millésime Bio est le salon le plus cool au monde (voir billet Pourquoi le salon Millésime Bio est-il cool ?) parce que même s’il a grandi, il n’a pas perdu son âme…

Vivement l’année prochaine !

Pourquoi le salon Millésime Bio est-il cool ?

Dans pile-poil une semaine, le salon Millésime Bio va ouvrir ses portes au Parc des Expositions de Montpellier. Trois jours intenses de dégustations enrichissantes et de rendez-vous passionnés… Alors oui, cette rencontre est réservée aux professionnels du vin, mais j’ai quand même envie de vous en parler, parce que j’aime cet évènement. Pourquoi le salon Millésime Bio est-il cool ?

Parce qu’il est unique

Il est le seul et unique salon professionnel consacré exclusivement aux vins bio, et ceux depuis 1993 !

L’association interprofessionnelle Sudvinbio, la créatrice et l’organisatrice, peut être très fière de cette belle initiative, qui a fêté son 25ème anniversaire l’année dernière, et qui connaît un succès fou ! C’est aujourd’hui le salon de référence international pour les vins biologiques.

Parce les vins bio sont tendances

Nous ne pouvons que nous réjouir que les consommateurs de vin soient à la recherche de «  vraies valeurs » : le respect de l’expression des terroirs, l’authenticité des cépages autochtones, la confiance envers les vigneronnes et vignerons…
Même si ces convictions ne sont pas uniquement l’apanage des vins bio, elles sont probablement plus fortes chez les personnes sensibles à cette méthode de culture et de vinification.

A l’image de la croissance du marché des vins bio (leurs ventes en France vont doubler de volume d’ici 2022), le salon Millésime Bio poursuit son développement. Il va accueillir cette année 20% d’exposants en plus, soit 1200 (en ouvrant un 4ème hall), de 22 nationalités différentes.

Parce que tous les domaines sont logés à la même enseigne

Le salon Millésime Bio ne vous en mettra pas plein la vue avec des stands gigantesques qui rutilent de luxe ! Tous les domaines ont des espaces dédiés identiques et raisonnés. 

C’est certes moins spectaculaire, mais cela permet de ne pas influencer votre jugement, de rendre cette rencontre abordable aux petits producteurs et d’éviter de parcourir des kilomètres. Ici, convivialité rime avec équité et efficacité !
De plus, les stands sont répartis au hasard, et non pas par zone géographique, afin de favoriser les découvertes.

Parce qu’il n’y a pas que du vin…

Pour la première fois cette année, le salon ouvre ses portes aux producteurs, metteurs en marché et acheteurs des autres boissons alcoolisées bio. Bière, spiritueux et cidre vont trinquer avec le vin dans les allées animées !

Le salon Millésime Bio va-t-il devenir le rendez-vous unique et incontournable des boissons alcoolisées bio ? Seul l’avenir nous le dira…

Retrouvez mes découvertes lors de l’édition 2017 en cliquant ici.

Noël, 10 idées cadeaux pour winelovers

Ma lettre au Père Noël est fin prête. Je vous laisse découvrir sans plus attendre mes 10 idées cadeaux pour winelovers…

De haut en bas et de gauche à droite :

* « Le vin naturellement », Jane Anson, Editions E/P/A – Hachette Livre. Depuis qu’elle m’en avait parlé pendant son interview (voir billet Les femmes du vin au fil des lignes), je guettais avec ferveur la sortie de son dernier livre. Une sélection de 250 vins de haut vol, issus du monde entier, et élaborés par des vigneronnes et vignerons respectueux de leurs terroirs.
– Prix : 29,90€

* Un pisse-debout made in France. Une idée cadeau destinée à un public dépourvu de pénis ! Qu’il soit jetable ou réutilisable (en plastique ou silicone), il va devenir l’outil indispensable de tous les apéros joliment arrosés…
– Prix : de 2,70€ pour 3 pisse-debout jetables, jusqu’à 20,80€ pour le kit Marguerite bioplastique.

* SOFRESH, le seau à glace réinventé, sans eau ni glace. Il refroidit plus vite qu’un frigo, sans choc thermique et ne mouille pas les étiquettes. Le tout grâce à son système unique de diffusion d’air froid : des parois en liège et deux blocs réfrigérants à placer au congélateur. Et en plus il est léger, aux lignes épurées, et revêtu de trois couleurs so chic (noir, blanc) ou flashy (rose).
– Prix : 69€ avec le code LAWINEISTA.

* La Carte Cadeau La Cité du Vin, le plus grand cadeau en petit format. Même si vous n’habitez pas à Bordeaux, la visite de ce lieu hors du commun mérite à elle seule de faire le déplacement ! Cette carte cadeau peut être utilisée pendant 1 an (en une ou plusieurs fois), en billetterie et à la boutique, et donne accès à l’intégralité de l’offre de La Cité du Vin.
– Prix : 4 formules : 30, 50, 75 ou 100€.

* La Fa’Bulleuse ChampagneBox. Les 7 vigneronnes de l’association Les Fa’Bulleuses de Champagne ont eu l’idée géniale de lancer cette box découverte afin de s’initier à leurs 7 terroirs et savoir-faire pendant 7 mois. Chaque box contient une bouteille de Champagne, un livret et une surprise. Pour vivre 7 voyages sensoriels différents pendant 7 mois, qui feront pétiller votre quotidien…
– Prix : 34,50€ pour le mois de décembre, puis 34,50€ le 15ème de chaque mois pendant 6 mois.

De haut en bas et de gauche à droite :

* Zalto, le verre universel. Dès lors que vous aurez dégusté un vin dans ce verre, vous ne pourrez plus vous en passer ! Quelle élégance, quelle finesse, pour ce verre universel (en cristal soufflé) qui révèle le panache de tous les vins (adapté aux blancs, rouges et rosés).
– Prix : 33,90€ le coffret de 1 verre.

* Affiche Trebo, par la créatrice Bordelaise Sandrine Richard. De superbes illustrations colorées qui racontent des histoires autour du vin avec humour. En vente sur Bordeaux, à la boutique de la Cité du Vin et au restaurant Koeben. Ou sur demande (contact@trebo.fr).
– Prix : 20€ (affiche 30x40cm).

* Un repas dans un restaurant étoilé. De plus en plus d’établissements proposent des chèques cadeaux pour une expérience gastronomique inoubliable ! Mon grand coup de cœur est le Prince Noir à Bordeaux. Parce que le fort sympathique chef Vivien Durand réalise une cuisine franche et vraie, et que la chef sommelière Monia Aoudi (voir billet Les femmes du vin au fil de l’assiette) propose des accords mets et vins détonants.
– Prix : chèques cadeaux (50, 100 ou 200€), bons valables pour 2 personnes (entre 164 et 388€).

* Coffret Champagne Louis Roederer et Philippe Starck, Brut Nature 2009. Quand une superbe maison de Champagne collabore avec un designer talentueux, cela donne un mélange de style fabuleux, entre méthode traditionnelle et modernité…
– Prix : 69€ le coffret.

* Affiche « Les cépages et leurs arômes dominants » par La Carte des Vins s’il vous plaît. Un joli objet de décoration qui détaille le nez des 12 principaux cépages français. Pour allier l’utile à l’esthétique.
– Prix : 18€ (affiche 50x70cm).

Je vous souhaite un merveilleux Noël mes winelovers adorés !

Le Caveau Ferlus à Tourbes, un bar à vins ancré dans ses racines

La dégustation d’un vin est conditionnée par notre état physiologique et l’environnement dans lequel on se trouve. Comment avoir les sens en éveil quand on ne se sent pas bien ?
Imaginez-vous découvrir un joli rouge du Languedoc dans une ancienne cave vinicole qui sent encore les effluves de son passé… Au bar à vins le Caveau Ferlus à Tourbes, tous les éléments sont réunis pour un voyage sensoriel réussi !

On devine aisément l’agitation qui régnait à l’ombre des grands platanes de l’Avenue de la gare. Au temps où la voie ferrée de la Compagnie du Midi passait par Tourbes afin de relier Pézenas et Béziers. La frénésie qui s’emparait des Tourbains au moment des vendanges, quand les portails en anse de panier des caves s’ouvraient pour accueillir le fruit d’une vie.

Aujourd’hui, au numéro 5 de cette avenue, l’encadrement en pierres de taille de l’ancienne ouverture est toujours là mais le bois a été remplacé par une vitre, afin de remettre en lumière le Caveau Ferlus.

C’est en faisant du rangement dans la cave de vinification de son arrière arrière grand-père que Pascal Rey Saint Martin est tombé sur une bouteille d’Alicante Bouschet datant de 1897. L’idée lui est alors venue de faire revivre l’œuvre de Charles Ferlus, le monsieur très chic sur la photo (voir ci-dessous).

Après une rénovation de plusieurs mois, le Caveau Ferlus a ouvert ses portes en juin 2018. L’histoire de famille continue avec Nancy, la femme de Pascal, et Brigitte, sa maman.
Et quelle réhabilitation ! C’est un lieu magique où les différentes époques se mélangent avec justesse. Des lustres design majestueux éclairent l’allée centrale de la cave. Les anciennes cuves béton ont été ouvertes pour y accueillir des petits salons intimistes. Le vieux pressoir en bois trône à côté du bar au look contemporain.

« J’ai voulu créer un lieu dans lequel je retrouverais ce dont j’ai envie quand je vais dans un bar à vins : des découvertes, des conseils, des produits artisanaux de qualité, de la convivialité ». Un pari réussi, Pascal ! 

Vous y rencontrerez une belle sélection de 160 références de vins du Languedoc-Roussillon. Des tapas concoctées avec des aliments triés sur le volet : les fameux Petits Pâtés de Pézenas de Madame Quatrefages (voir billet Que boire avec un Petit Pâté de Pézenas ?), les poissons fumés du Fumage Artisanal du Sichon, le Bellota de la Maison du Jambon Ibérique des Halles de Béziers, les délices de la Pâtisserie Percheron… Sans oublier la superbe assiette « vegan » cuisinée avec amour et conviction par Nancy.
Le tout dans une ambiance chaleureuse qui invite au partage.

De plus, si vous craquez pour une bouteille (je n’en doute pas !), vous pourrez l’emporter illico parce que le Caveau Ferlus fait aussi caviste.
Si vous souhaitez organiser une soirée privée, une salle de dégustation est disponible pour vos petites et grandes occasions.
Et si vous êtes un mélomane, des concerts (notamment du Jazz) sont programmés tous les mois.

Bref, le Caveau Ferlus n’a pas fini de faire déferler les épicuriens d’un jour ou de toujours !

Contact
Caveau Ferlus, 5 Avenue de la gare, 34120 Tourbes
04 67 93 50 61 ou 06 20 44 77 92

Les Saint-Élites au Prince Noir

Vendredi soir, les papilles de quelques privilégiés se sont emballées à la table du restaurant étoilé Le Prince Noir à Lormont. Un grand moment, qui illustre à merveille la magie des accords mets et vins, organisé à l’initiative des vigneronnes et vignerons des Saint-Élites. Retour sur ce festival de saveurs…

Sur la rive droite de la Dordogne, il y a Saint-Émilion, un des vins les plus connus au monde. Au nord de la « prestigieuse», quatre appellations ont le droit de faire suivre le nom de leur commune du nom de Saint-Émilion : Lussac, Puisseguin, Montagne et Saint Georges. On les appelle les « satellites » de Saint-Émilion. Quatre dénominations qui ont la chance de jouir de cette notoriété, mais qui doivent réussir à trouver leur place.

En 2016, neuf vigneronnes et vignerons de ces « satellites » ont décidé de se regrouper afin de cultiver leur différence. Les Saint-Élites se retrouvent sous une signature commune : le respect de leurs terroirs singuliers, leur savoir-faire, leur ouverture à l’innovation, leur indépendance (ce ne sont que des propriétés familiales). 

Cela fait déjà quelque temps que les Saint-Élites réfléchissaient à organiser un évènement en accord avec leurs valeurs, qui sublimerait leur travail. Quoi de mieux que de faire danser leurs vins au rythme de Vivien ?

Le défit est lancé ! Chaque protagoniste a sélectionné avec soin une cuvée et l’équipe du restaurant Le Prince Noir a dû imaginer un menu en neuf temps où chaque plat s’accorde à un vin.

Il y a deux manières d’aborder les accords mets et vins. Dans la majorité des cas, on part d’un plat et on cherche la cuvée qui saura l’exalter. L’exercice est peut-être plus difficile, mais ô combien plus passionnant, de prendre les choses à l’envers. Elaborer un mets en fonction d’un vin. C’est ainsi qu’est né ce dîner hors du commun…

Le chef Vivien Durand, secondé de Clément Bruneau et du pâtissier Benoit Ceneda, a travaillé main dans la main avec la chef sommelière Monia Aoudi, que j’ai eu la joie d’interviewer dans ma saga « les femmes du vin » (voir billet : Les femmes du vin au fil de l’assiette), afin de faire rimer mets et vins sur le même tempo.

Un pari de haut vol, d’autant plus qu’il s’agissait exclusivement de vins rouges de caractère, gagné avec brio par une brigade passionnée où chacun a apporté sa pierre à l’édifice.
La cuisine franche et vraie du chef, qui laisse toute sa place au produit, a su trouver un bel écho à ces neufs vins de terroir.

Je ne vais pas avoir l’indécence de vous détailler tous les accords (vos papilles y laisseraient la peau). Je me limiterai aux mariages qui n’étaient pas gagnés d’avance, mais qui sont promis à un bel avenir de gastronomie !

La Mauriane 2000, Domaines Taïx, Puisseguin Saint-Émilion / Merlu, blettes et réduction d’anchois.
Une assiette aux goûts contrastés : la douceur du merlu, la fraîcheur des blettes, le mordant des anchois. Le vin fait la liaison entre ces différentes sensations, grâce à sa structure charnue et parfumée, ses notes fumées et sa finale tendue.

Jean & Gabriel 2015, Château Bel-Air, Lussac Saint-Émilion / Poires, champignons.
Alors, trouver un accord réussi avec un vin rouge charpenté en dessert, en sortant du traditionnel chocolat, je vous tire mon chapeau !
Des fines couches de poires juste fondantes, au sucré délicat, alternées avec des lamelles de champignons de Paris crus, à la texture croquante. Un vin rouge qui respecte cet équilibre. Il s’enrichit de douceur. Sa concentration et ses tanins fermes trouvent du répondant dans la mâche et la puissance aromatique des champignons.

Quand des talents se rencontrent, cela fait des étincelles, pour un feu d’artifice de saveurs !

Merci pour cette belle soirée !

Castigno, un village pas comme les autres

Il est difficile de faire rentrer Castigno dans une seule case : entre vie de village ou vie de château, plongée en Languedoc ou détour en Asie, chai aérien ou vieux Carignan bien enraciné, formule bistrot ou dîner gastro. Une chose est sûre, il y fait bon vivre, pour une expérience pas comme les autres…

L’histoire, la concrétisation d’un rêve

L’histoire a commencé il y a une dizaine d’années quand un couple de Belges Flamands qui avait les moyens, Tine et Marc Verstraete, a craqué pour un château viticole perché sur les collines d’un village de 150 habitants nommé Assignan.
Un petit paradis de l’arrière-pays héraultais, au sud du vignoble de Saint-Chinian, où garrigue, vignes et cyprès, évoquent les paysages bucoliques toscans.

Après une réhabilitation soignée du château, qui est aujourd’hui leur demeure, ils ont acheté quelques maisons laissées en désuétude afin de pouvoir y accueillir famille et amis. Parallèlement à cela, ils ont souhaité poursuivre l’histoire des 32 hectares du domaine. Des vignes d’une moyenne d’âge de 50 ans, sur des terroirs qualitatifs, qu’il aurait été bien dommage de ne pas valoriser.

Chemin faisant, ces entrepreneurs dans l’âme, ont eu envie de ficeler leur rêve autour d’un projet œnotouristique de charme. C’est ainsi qu’est né le Village Castigno.

Le Village Castigno, vis ma vie de villageois

Toutes de rouge vêtues, afin de rappeler la couleur du vin, les différentes enseignes de Castigno sont parsemées dans les petites rues du village. 

Sur la jolie place pavée baignée du soleil languedocien, vous trouverez la réception, l’Epicerie et le bistrot La Petite Table.
Vous partirez en voyage en Asie au détour d’une ruelle, à la table du restaurant Thaï ou lors d’un massage balinais au centre de bien-être le Petit Péché.
Vous mettrez les petits plats dans les grands en dégustant la partition à quatre mains des frères Ruben, les 2 chefs du restaurant gastronomique La Table.

Pour les plus chanceux d’entre vous, vous passerez une douce nuit dans une des 24 chambres et suites nichées dans les maisons du village (Vendangeurs, Villa Rouge, Maison d’Amis).

Le tout sans connexion internet. L’endroit parfait pour envisager une « digital detox » afin de « renouer avec une autre forme de temps, dédiée au bien être, au plaisir du bien manger, du bien boire et du bien vivre ».

Vous l’aurez compris, le Village Castigno n’est pas tout à fait un hôtel, bien plus qu’un vignoble, c’est une expérience qui incite au lâcher-prise, à l’éveil des sens et au partage…

La cave du Château Castigno, l’époustouflante 

Au printemps 2018, pour les 10 ans du domaine, la nouvelle cave du château s’est érigée telle une bouteille à la mer avec vue sur le Parc naturel du Haut-Languedoc.
Une œuvre architecturale unique et audacieuse, de 80 mètres de long et 18 mètres de large, à l’allure élancée, qui s’intègre parfaitement dans le paysage. Une sculpture en forme de bouteille de vin, posée sur la terre, soutenue par des branches, entièrement recouverte de chêne liège.

A l’intérieur, la magie des lieux atteint son apothéose. Caveau de vente feutré, salle de dégustation qui s’ouvre sur la nature, cave de vinification high-tech, chai à barriques aux courbes circulaires, le tout réalisé dans des matériaux recyclés.

Dans le verre, les différentes cuvées sont bien ficelées, expressives, empreintes de vérité. Une qualité qui témoigne du travail soigneux réalisé au vignoble (culture biologique, vendanges manuelles) et au chai (vinification parcellaire, extractions douces…).

Mes 2 chouchous : Château Castigno blanc, un assemblage harmonieux de Grenache Blanc et Roussanne, pour un moment de gastronomie, et Secrets des Dieux, un rouge issu du trio Grenache Noir, Syrah et Carignan Noir, pour une parenthèse conviviale.

Même si quelques irréductibles n’ont pas vu d’un bon œil la réhabilitation de leur village natal, on ne peut pas nier que cette initiative a réveillé la petite commune d’Assignan, qu’elle met en lumière les 7 domaines voisins et qu’elle fait briller le Languedoc !

Le Village Castigno est un petit monde à part, pour de grandes sensations…

Les femmes du vin au fil de la nature

Il y a certains métiers qui n’ont pas le vent en poupe mais qui font partie intégrante de la filière vigne et vin bordelaise, surtout quand ils sont exercés avec passion et professionnalisme. Je suis charmée de vous présenter Isabelle Ladevèze, Ingénieure Agriculture Durable sur le Sud-Ouest de la France chez Bayer, une femme du vin au fil de la nature…

Les contrôles de maturité vont bon train dans le vignoble. Les vigneronnes et vignerons scrutent leurs grappes afin de les cueillir au bon moment. Celui qui correspond à leur optimum qualitatif. Une décision périlleuse, qui prend en compte plusieurs facteurs essentiels : le profil des vins à venir, l’état sanitaire des raisins, les prévisions météos…
Tout au long de l’année, Isabelle accompagne les revendeurs, les instituts techniques, les châteaux, afin de les conseiller sur la protection de la vigne. Elle les aide à obtenir de belles grappes saines, tout en respectant au mieux la nature et les Hommes.

Après avoir emprunté une petite route qui sillonne entre les coteaux argilo-calcaires, nous voilà au milieu d’une allée majestueuse plantée d’arbres centenaires, tel un tapis rouge qui nous mène face à une demeure de caractère datant du XVIème siècle, celle du Château Lamothe de Haux.
Isabelle a, à peine, eu le temps de troquer sa tenue de terrain pour retrouver sa coquetterie naturelle. Nous la retrouvons hésitant entre deux paires de chaussures, un grand sourire aux lèvres.

Isabelle est basque, elle a grandi à Mouguerre, un village à côté de Bayonne, avant de quitter « son pays » natal pour poursuivre ses études à la capitale. Elle a toujours été une élève brillante. Après les Classes Préparatoires du lycée Montaigne à Bordeaux, elle a intégré la prestigieuse école d’agronomie, AgroParisTech où elle s’est spécialisée en phytopathologie (les maladies des plantes).
Bien que sa famille ne soit pas issue du milieu agricole, elle a grandi à la campagne et s’est toujours sentie proche de la nature. Elle a suivi un cursus lui permettant de travailler à l’extérieur, en rapport avec le végétal.

Cela fait maintenant 31 ans qu’elle œuvre pour la santé des plantes. Portée par l’intérêt pour son métier, elle a su résister aux diverses fusions et acquisitions qui ont abouti à la création de la société Bayer France.
De la Vallée du Rhône au Bordelais, en passant par le Gers, les Charentes, la Dordogne, elle a dispensé des conseils techniques relatifs aux plantes cultivées dans ces différents territoires.
Aujourd’hui basée à Bordeaux et rayonnant sur le grand Sud-Ouest, elle travaille notamment sur la culture de la vigne et l’encadrement de l’utilisation des produits phytosanitaires en vue de limiter les impacts sur l’environnement et de garantir la sécurité des applicateurs et des consommateurs.

La WINEista. Selon vous, quels sont les enjeux de demain en termes de traitements de la vigne ?
Isabelle Ladevèze. Je pense que le gros levier d’amélioration concerne les techniques d’application des produits. De nouvelles technologies pourront se développer demain qui éviteront l’utilisation de pulvérisateurs pour traiter la vigne. L’arboriculture travaille déjà sur le projet PulVéFix et des essais sont en cours sur la vigne. Il s’agit d’un système fixe de pulvérisation, installé sur chaque plante, évitant ainsi l’utilisation des tracteurs et des pulvérisateurs qui consomment du carburant, rejettent des gaz à effet de serre, tassent les sols, font du bruit, peuvent gêner les riverains.
Cela permettra d’être très réactif, de pouvoir traiter l’ensemble d’une exploitation juste avant une pluie, de faciliter l’emploi de produits plus difficiles à positionner comme les biocontrôles (ndlr : des produits d’origine naturelle qui régulent les maladies ou les ravageurs).

La WINEista. Aujourd’hui il y a un rejet de la chimie, n’y a-t-il pas des molécules d’origine naturelle qui soient dangereuses ?
I.L. Oui bien sûr ! L’origine naturelle ne garantit pas du tout l’innocuité. Il y a bon nombre de substances toxiques d’origine naturelle. Un amalgame est malheureusement fait par certains, entretenu par d’autres, mais qui est faux.
Avant leur autorisation de mise sur le marché, les produits de protection des plantes ont une évaluation qui est très poussée en Europe et en France, au moins comparable à celle effectuée sur les médicaments. Ces études permettent de vérifier scientifiquement que les produits sont efficaces et que leur impact est acceptable pour l’environnement, l’agriculteur, le consommateur, le riverain et le promeneur.
Cela n’est cependant pas une garantie de zéro effet. Toute action humaine a un impact environnemental. Les diverses solutions de protection des cultures permettent de lutter contre un organisme vivant, cela ne peut pas être complètement neutre. C’est pour cela que ces produits sont évalués avant leur autorisation et s’accompagnent de conditions d’utilisation précises et réglementées comparables à la posologie des médicaments.
On se soigne tous même s’il peut parfois y avoir des effets secondaires car on connaît le bénéfice du soin, qui est supérieur au risque. Si l’espérance de vie a considérablement augmenté dans les pays développés, c’est principalement parce que l’on a amélioré notre alimentation et notre santé.

La WINEista. Pourquoi les vigneronnes et vignerons utilisent-ils des produits phytosanitaires pour traiter la vigne ?
I.L. Parce que la vigne est une plante sensible à plusieurs maladies. Ces maladies peuvent entraîner des défauts qualitatifs de la vendange et des vins, des pertes conséquentes de récoltes. Il y a des travaux en cours afin de sélectionner des cépages plus résistants mais cette solution n’est envisageable qu’à moyen terme.
Les cépages actuellement cultivés sous nos latitudes sont très sensibles au mildiou, à l’oïdium et au botrytis. Dans le Bordelais, le mildiou peut entrainer une destruction totale de la récolte. Comme cette année, où la maladie a été très virulente. Il y a un impact économique énorme pour des viticulteurs qui vivent de leur production !
Les seules solutions proposées aujourd’hui sont de protéger la vigne avec des produits phytosanitaires que celle-ci soit en culture biologique ou pas.

La WINEista. Leurs pratiques ont-elles évolué ces 30 dernières années ?
I.L. Oui ! Tous les acteurs ont progressé ! Les produits ont évolué. Ils sont de plus en plus sélectifs, donc avec de moins en moins d’impacts secondaires. Même si, comme je l’ai dit avant, on n’aura jamais de produits complètement neutres.
Les vignerons raisonnent beaucoup plus leur protection. Ils utilisent l’agronomie pour limiter le développement des maladies. Ils ont des outils d’aide à la décision, qui tiennent compte du climat et de la dynamique de l’épidémie, leur permettant de décider ou pas de traiter et à quel moment. Ils arrivent aussi à mieux cibler la pulvérisation sur le végétal et éviter les dérives. Ils se protègent mieux. Ils prennent en compte la biodiversité, on voit de plus en plus de vignes enherbées.
Il y a eu une vraie prise de conscience du monde viticole sur le fait qu’on n’utilise pas de produits anodins même s’ils ont été homologués après une évaluation du risque. L’objectif est d’avoir des raisins de qualité, pour obtenir de bons vins, en respectant au mieux l’environnement et l’applicateur.

La WINEista. En vigne, y a-t-il une mission, que vous avez menée, qui vous a tout particulièrement comblée ?
I.L. Oui ! Il y en a plusieurs ! Je vais parler de la plus récente. J’accompagne un viticulteur dans sa démarche proactive consistant à expliquer son métier à ses voisins. Le but est de définir ensemble une façon de fonctionner qui satisfasse tout le monde. On a organisé une visite du domaine, des ateliers de travail, afin de définir une charte de « bien vivre ensemble ». Par exemple, d’éviter les nuisances sonores en ne traitant pas avant 7h du matin, en prévenant le voisinage la veille de chaque passage du pulvérisateur.
La grande majorité d’entre eux a joué le jeu. Quand on explique les réalités d’un métier et que l’on établit le dialogue, tout le monde arrive à cohabiter.

La WINEista. On parlait précédemment des nuisances dues à l’utilisation des tracteurs, que pensez-vous du retour des chevaux dans les vignes ?
I.L. Je n’ai pas trop d’avis sur la question. Cette utilisation est marginale. Si cela leur fait plaisir ! Je pense cependant que c’est une démarche « marketing ». Un beau cheval de trait est très photogénique. J’espère qu’il y a de vraies convictions pour certains, mais je ne pense pas que cela soit toujours le cas…

La WINEista. L’utilisation des produits phytosanitaires a fait débat suite à l’émission de Cash Investigation. En tant que professionnelle de la protection des cultures, quelle est votre avis sur ce documentaire ?
I.L. C’est un reportage à charge, qui joue sur la peur. Par exemple, concernant les molécules retrouvées dans les cheveux des enfants de l’école de Léognan, j’ai consulté certaines de ces analyses et on ne retrouve que très peu de molécules utilisées en agriculture, un peu plus à usage domestique. De plus, il ne faut pas oublier que la présence ne veut pas dire qu’il y ait un risque. Les quelques molécules retrouvées sont à des doses infinitésimales, cela n’a aucune signification toxicologique.
C’est donc une vision complétement biaisée des choses, basée sur des sources peu fiables qui n’ont aucune valeur scientifique. Parler des enfants cela fait peur. On joue alors sur l’affectif et l’émotionnel. C’est très bien monté pour affoler les gens et cela a malheureusement marché !

La WINEista. N’est-il pas difficile de travailler pour une multinationale qui n’a pas souvent bonne presse ?
I.L. Euh… Je ne veux pas mentir, c’est plus difficile qu’avant. Parce qu’il y a de plus en plus de personnes de la filière qui sont gênées d’évoquer le sujet de la protection phytosanitaire. Cela traduit un contexte qui n’est pas raisonnable ou raisonné. En arriver là c’est quand même bien dommage ! Les produits phytosanitaires sont essentiels à la production agricole. Il faut bien sûr les utiliser du mieux possible. Moins on les utilise, mieux c’est. C’est comme les médicaments, moi, moins j’en prends, mieux je me porte. Tout le monde voudrait arriver à cela !
Je sais pourquoi je travaille et dans quel esprit on le fait. Je connais tout le travail qui est fait en amont avant d’autoriser la mise sur le marché de nos produits, tout le travail qui est fait pour accompagner leur utilisation. Je connais le professionnalisme de mes collègues, le sérieux et la rigueur des autorités qui nous délivrent les autorisations. On fait ça pour protéger les cultures et pas pour empoisonner la planète !

La WINEista. Pensez-vous que le monde du vin soit macho ?
I.L. Pas plus qu’ailleurs… Il y a certaines personnes qui n’ont pas une vision égalitariste des hommes et des femmes, mais pas plus que dans un autre secteur.

La WINEista. Aujourd’hui, a-t-on la parité hommes/femmes dans les métiers techniques de la protection de la vigne ?
I.L. Non pas du tout ! Il y a beaucoup plus d’hommes que de femmes, même si la profession s’est féminisée depuis 10/15 ans. Mais les hommes sont prêts à écouter des bons conseils apportés par une femme. Je me mets rarement en position de me dire que j’ai un handicap parce que je suis une femme. Je me dis que je fais mon boulot le mieux possible, point.
Après, de temps en temps, on sent que la relation est biaisée parce qu’on a un homme en face qui nous regarde différemment parce qu’on est une femme. Mais c’est quand même pas si fréquent que ça. 

La WINEista. Quelle bouteille emporteriez-vous dans votre valise si vous deviez partir plusieurs mois sur une île déserte ?
I.L. Oh là là !!! Pour plusieurs mois, il me faudrait plus qu’une bouteille !
Plus ça va, plus j’apprécie les blancs. J’aime leurs arômes primaires de fruits, de fleurs. Je prendrais un Saint-Péray. La cuvée Les Pins, du Domaine Bernard Gripa. Ce vin me fait rêver ! Il a un nez charmeur, séduisant, et en bouche, il est super bon.

La WINEista. Et vous rêveriez de la déguster avec quel plat ?
I.L. Ah ! C’est une bonne question… C’est un vin qui est tellement bon, que je n’ai presque pas envie de manger avec ! Il ne faut pas quelque chose qui l’éteigne. Je l’aime à l’apéro ou avec des poissons fins.

La WINEista. Si je vous dis « environnement », cela vous évoque quoi ?
I.L. La nature et l’Homme. On est une composante de l’environnement. On est l’animal qui s’est le plus développé et qui a le plus bouleversé son environnement. Il faut continuer à progresser sur sa protection, sans tout rejeter en bloc. On ne pourrait pas revenir à l’âge de pierre !

La WINEista. Quel est l’endroit de Bordeaux qui vous fait chavirer ?
I.L. Les quais sont une réussite totale, au niveau paysager et humain ! Les gens se les sont appropriés, ils sont devenus un vrai lieu de vie. J’aime beaucoup aussi le Grand Théâtre. Ce bâtiment est magnifique ! 

La WINEista. A Bordeaux, où allez-vous dîner quand vous avez envie de vous régaler ?
I.L. Je suis récemment allée chez Glouton, pas loin du Palais de Justice. C’est super bon, avec une ambiance sympa et décontractée. J’aime aussi le Peppone cours Clemenceau. J’adore aller dans leur cave, me perdre pour chercher une bouteille de vin.

J’aurais aimé pouvoir discuter des heures avec Isabelle. Parce qu’elle n’a pas la langue dans sa poche, ni la langue de bois, et qu’elle a une vision pratique de la réalité du terrain. Elle connaît les enjeux et les problématiques de la protection de la vigne.
Peu importe les divergences d’opinion, la filière ne pourra trouver des solutions que si elle travaille main dans la main, avec courage et sincérité.

Merci Isabelle !

Retrouvez les autres interviews des femmes du vin :
* Laurence Chesneau-Dupin, Conservateur en chef du Patrimoine, Directrice de la culture de La Cité du Vin à Bordeaux : Les femmes du vin au fil de la cité.
* Coralie de Boüard de Laforest, gérante du Château La Fleur de Boüard et vigneronne du Château Clos de Boüard : Les femmes du vin au fil des cuves.
* Karine Vallon-Pin, responsable chêne pour l’œnologie au sein du groupe Charlois : Les femmes du vin au fil de l’élevage.
* Monia Aoudi, chef sommelière au restaurant Le Prince Noir à Bordeaux : Les femmes du vin au fil de l’assiette.
* Latifa Barthe Saikouk, vigneronne au domaine Saïkouk / Le Mont du Puit : Les femmes du vin au fil des sarments.
* Anne Le Naour, directrice générale adjointe des propriétés bordelaises de Crédit Agricole Grands Crus : Les femmes du vin au fil des galons.
* Jane Anson, journaliste vin et écrivaine : Les femmes du vin au fil des lignes.

Crédit photo : Atelier Goodday, Gabriel Guibert.

Nos envies « vin » de la rentrée

Après une pause estivale baignée d’escapades ensoleillées, de festoyades endiablées, de découvertes gustatives passionnées, de rencontres animées, je suis ravie de raccrocher mon maillot de bain pour vous retrouver autour du vin.

Pendant que certains récoltent le fruit d’une vie, d’autres s’extasient devant le fruit de leur amour. Les réseaux sociaux s’animent de photos de raisins bien coupés et de nos chers chérubins endimanchés. De mon côté, c’est à la Vivarelle, entre deux ceps de Syrah et bon nombre de remontages, que se fera ma reprise de rêve.

Un retour aux sources, un grand plongeon dans la réalité, guident nos envies « vin » de la rentrée. Mais quelles sont-elles ?

Renouer avec le rouge

Bien que le vin rouge ne soit pas antinomique avec l’été (voir billet 5 vins rouges qui font bronzer), il est vrai que les pics de canicule et leurs apéros colorés ne sont pas forcément propices aux tanins serrés.
Quel immense plaisir de déboucher les pépites glanées l’hiver dernier, pour un dîner à la robe profonde, au nez épicé et à la finale longue.

S’attabler entre amis

Après toutes ces aventures, il est appréciable de renouer avec nos valeurs sûres. Qu’il est bon de se réunir entre amis à la table de nos restos préférés pour retracer le fil de l’été et dérouler celui de la rentrée.
Que ce soit devant une entrecôte saignante accompagnée d’un Pessac-Léognan, ou un poke bowl végétarien assorti d’un blanc sec du Jurançon, les retrouvailles seront propices à nous donner le sourire.

Ne pas laisser tomber le rosé

Il a été notre compagnon préféré de l’été, sachez qu’il est capable de nous accompagner toute l’année. La richesse incroyable des vignobles français (et d’ailleurs), fière de ses cépages autochtones, de ses terroirs singuliers, de ses méthodes de vinification et d’élevage soignées, nous offre une large palette de vins rosés, qu’il serait bien dommage de bouder.
Ne nous cantonnons pas aux rosés d’un soir « made in » Provence. Même si cette région est leur fer de lance, bien d’autres sont capables de nous étonner.

Lutter contre la routine

Pour une rentrée comblée, il est peut-être temps de penser à stimuler notre palais !
Partons à la conquête de cépages délaissés par nos papilles, d’appellations inhabituelles à nos verres, d’accords mets et vins plus osés.
Une mauvaise expérience ne doit en aucun cas se transformer en certitude. Cela n’était peut-être pas le bon moment ou le millésime adéquat.

Se prévoir une virée

Il n’y a rien de mieux pour se motiver que de s’organiser une petite virée. Quand la carotte prend la forme d’une bouteille, les « wine lovers » en sont revigorés.
Direction un lieu de charme, pour un weekend dédié à l’œnotourisme : au Château La Coste, au Château Chasse-Spleen, au Château Autignac, à la roulotte du Bartas, à l’hôtel Le Castel Pierre, à l’Hôtel de la Villeon, à La Coopérative Riberach, dans un foudre au Château de Bonhoste, au Village Castigno (article à venir sur le blog).

La liste de nos envies « vin » de la rentrée est animée par notre bonheur de vivre, avec curiosité…