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Mon vin du weekend #80

Si je vous dis Kadarka, cela vous évoque quoi ?

Figurez-vous que le Kadarka, appelé aussi Gamza, est un cépage noir originaire de la partie orientale des Balkans. On a la chance d’en trouver aujourd’hui en Hongrie, Autriche, Bulgarie, Albanie, Croatie, Moldavie, Roumanie, Serbie.

Ce Kadarka là est venu à moi un peu par hasard, grâce à une recherche d’accord mets et vin. Quel compagnon choisir pour un camembert rôti au miel et romarin ? Un blanc complexe, charpenté, un brin boisé ou un rouge structuré, mais pas trop, qui ne va pas l’écraser ?

L’heureux élu est arrivé tout droit de la région de Bačka, au nord de la Serbie. Une cuvée Fantazija (Fantasy), du Domaine Tonkovic, pour éveiller l’imaginaire.

Une robe étonnamment légère, rappelant le Pinot Noir de Bourgogne. Un nez atypique, racé, sur des notes de griotte, poivre noir, laurier, clou de girofle. Une bouche caressante, aérienne, aux tanins sucrés, à la finale fraîche et épicée.

Un accord en parfaite adéquation, où le vin et le plat se donnent la main.

Un Kadarka pour un weekend qui donne la baraka !

Où le trouver ?
La Ligne Rouge, 22 Quai Richelieu, 33000 Bordeaux
09 83 55 18 64
Prix 20€

Le vin est-il aphrodisiaque ?

Pour la Saint-Valentin, la Cité du Vin a organisé un débat qui avait du chien, un rendez-vous avec Bacchus et Vénus sur le thème « le vin est-il aphrodisiaque ? ».

Une soirée ponctuée de rires, de minutes scientifiques, de retours sur le passé, d’instants émoustillants, qui aurait pu durer jusqu’au petit matin tellement c’était bien !

Autour de la table, les invités ont mené une discussion de qualité, riche de leurs compétences variées et de leur franc-parler.
Deux médecins, Philippe Brenot (auteur de « Le Vin et l’amour » éditions Ferret) et Jean-Didier Vincent (membre de l’Académie des Vins de France), nous ont plongés dans les mécanismes du désir.
Deux journalistes, Ophélie Neiman (Miss GlouGlou) et Jérôme Baudoin (La Revue du vin de France), nous ont illuminés de leur culture dans l’univers du vin.
Une actrice, Armelle, nous a envoûtés de sa voix séductrice.
Le tout rondement orchestré par Jacques-Olivier Pesme (directeur de KEDGE Wine & Spirits Academy).

« Dans l’inconscient collectif, la rencontre amoureuse, l’érotisme, la volupté et l’art d’éveiller le désir sont escortés par le vin. Le divin nectar aux mille vertus est le compagnon millénaire des rendez-vous amoureux. Le vin est immanquablement présent dans l’imagerie de la séduction et des plaisirs de la chair.
Alors, le vin est-il coquin ?
Le vin est-il un vecteur de désir ? Le vin ouvre-t-il les portes de l’amour et du plaisir ? Quels sont ses effets sur le cerveau et sur nos élans amoureux ? Le vin, certes, modifie nos comportements et enivre nos sens mais jusqu’à quel point ? Avec quels risques ? »

Comment le vin agit-il sur le cerveau pour provoquer le désir ?
Ce n’est pas le vin mais l’alcool qui agit sur le cerveau. Celui-ci a des récepteurs sur le système hédoniste qui déclenchent la production de sérotonine, de dopamine et d’endorphine, des hormones du désir.
Le vin et les anxiolytiques ont à peu près le même profil pharmacologique. Ils sont désinhibiteurs à faible dose et sédatifs à forte dose.
Si on relit la définition du mot aphrodisiaque, «  une substance naturelle ou une alchimie utilisée afin de stimuler le désir sexuel », on ne peut pas dire que le vin soit à proprement parler une substance aphrodisiaque. Il ne stimule pas directement le désir sexuel, c’est son effet désinhibiteur qui le stimule.
Une étude italienne a cependant démontré que « la consommation de deux verres de vin rouge quotidiens chez la femme entraîne une augmentation du désir sexuel et une meilleure lubrification vaginale ». Merci les antioxydants ! Leur effet vasodilatateur stimulerait l’œstrogène, une hormone intimement liée au désir féminin.

Comment le vin et l’amour s’accompagnent-ils dans les arts et l’histoire ?
Le vin et l’amour se sont donné la main depuis l’antiquité. Chez les Romains, le vin était à l’honneur dans les tavernes de Pompéi, hautes en érotisme. Chez les Grecs, il était le fer de lance des orgies. Certains jours étaient même consacrés à ces parties de débauche afin de lutter contre l’infertilité.
On le retrouve au XVIème dans la célèbre peinture de Bacchus (Le Caravage), un jeune homme aux lèvres charnues. Le Déjeuner d’huîtres, de Jean-François de Troy, est le premier tableau montrant un bouchon de champagne sauter. Evoquant les prémices au désordre des sens et l’orgasme masculin.
Dans sa lettre d’amour à Claudy Carter, le désir de Jacques Prévert envers sa jeune maîtresse, s’éveille avec un verre. « Ici il pleut. Aujourd’hui j’ai bu du vin blanc et aussi du vin rouge mais je ne suis pas saoul, non absolument pas. Je ne m’ennuie même pas. J’attends. Je pense souvent à toi, très souvent et je voudrais t’embrasser, te caresser… ». Dans Les Mémoires de Casanova, ce dernier se nourrit quasi exclusivement d’huitres et de champagne afin de titiller ses sens les plus intimes. Le vin est largement présent dans les scènes libertines des œuvres du Marquis de Sade.
Au cinéma, il se teinte de sensualité dans de nombreux films. Les Innocents – The Dreamers, Bernardo Bertolucci met en scène Eva Green dans un concours sensuel de tee-shirt mouillé au vin ! L’Apollonide, Bertrand Bonello s’insère dans la moiteur de la maison close.

Les jeux de l’Amour et du vin : séduction, marketing et sociologie
Le champagne était la boisson reine des maisons closes parisiennes (Le Sphinx, Le Chabanais). Aujourd’hui, il est toujours symbole d’amour et de sexe. Pour Pierre-Emmanuel Taittinger son concurrent majeur est le viagra. De son côté, Bollinger a passé un accord pour apparaître « aux moments opportuns » dans les films de James Bond.
Au cinéma, le vin est la boisson du partage, de convivialité. Chardonnay, Merlot, Cabernet, les femmes boivent du vin, le sourire aux lèvres, dans les séries américaines. A l’inverse, un personnage déprimé consomme des spiritueux.
L’amour, la sensualité, sont fréquemment utilisés dans la communication sur le vin. Il est toutefois regrettable que l’on retrouve quasi exclusivement la femme dans des mises en scènes évocatrices et qui, de surcroit, ne sont pas toujours de bon goût.
A Corps Perdus, Le Rouge aux Lèvres, De Chair et de Sang, Dans la Peau, Les Vignes Enlacées, Soif de Toi, un de mes domaines chouchous de l’appellation Faugères, Les Amants de la Vigneronne, a fait preuve d’imagination dans le choix du nom de ses cuvées. Il en est de même pour le Domaine Pietri-Geraud et son Flagrant Désir, le Domaine Breton et ses Nuits d’ivresse. Les Vignerons du Brulhois proposent une gamme, Grain d’Amour, habillée d’étiquettes thermosensibles laissant apparaître des petits mots doux quand les vins sont à température.

Le vin peut donc aider à tomber amoureux mais, comme le disait si bien Colette, on peut aussi tomber amoureux d’un vin…

Mon vin du weekend #79

Prêt pour une virée en Bourgogne ? Ce weekend, on décortique le Chablis d’Isabelle et Denis Pommier…

Le vignoble de Chablis se situe tout au nord de la Bourgogne, à mi-chemin entre Beaune et Paris. Ici, vous trouverez exclusivement des vins blancs tranquilles, issus d’un seul grand cépage, le Chardonnay.
Selon l’aire de production, et un cahier des charges spécifique, les vins se déclinent en 4 appellations : Petit Chablis, Chablis, Chablis Premier Cru et Chablis Grand Cru.

Les vins blancs de Chablis, il suffit juste de les évoquer, pour saliver !

Ils ont ce petit quelque chose d’unique, cette expression minérale du Chardonnay, que l’on doit à ce terroir particulier. Un sous-sol, appelé kimmeridgien, composé de couches de marnes grises et de bancs de calcaire où l’on rencontre des organismes marins fossilisés.

Le Chablis d’Isabelle et Denis Pommier reflète la typicité des lieux de par sa pureté, son élégance, sa fraîcheur, ses notes minérales, mais pas que…
Son nez est gourmand, parsemé d’arômes beurrés, d’aristoloche, d’eucalyptus, d’une pointe fumée. On a du mal à s’arrêter de le respirer, sa complexité rend bavard. Mais cela serait bien dommage de ne pas aller plus loin.
Sa bouche est en parfaite adéquation, ronde, onctueuse, pleine, rafraîchie par une jolie acidité.

Un vin pour s’enivrer de plaisir, se délecter avec une purée de pommes de terre rattes à la truffe.

Pour un weekend délicieux…

Où le trouver ?
La Cave du Triangle, 31 rue Huguerie, 33000 Bordeaux
0983313323, lacavedutriangle@gmail.com
Prix 22€

La WINEista souffle sa troisième bougie !

Trois ans déjà que j’ai commencé cette belle aventure et que je vous ai rencontré au fil de mes mots.
Je ne vous ferai pas de longs discours, je vous dis simplement merci d’être là, de me porter dans cette passion qui me nourrit de plaisir.

Je vous propose à nouveau une devinette afin de gagner une bouteille que j’ai envie de partager avec vous.
A l’occasion de ce troisième anniversaire, elle sera très personnelle et chère à mon cœur.

Pouvez-vous me citer le nom d’une cuvée vinifiée par mes soins ?

Besoin d’un indice, cliquez ici.

Pour participer, il vous suffit de répondre par mail via la rubrique contact du blog. Un tirage au sort désignera le gagnant.

Vous avez jusqu’au mardi 28 février pour la dénicher. Un jour de Mardi gras, pour lever le masque de l’heureux élu.

Bonne chance !

Une Saint Valentin avec PinotBleu

Vous le savez, je ne suis pas fan du côté fleur bleue, gnangnan, un brin hypocrite de la Saint Valentin. Mais quand une jeune startup fait preuve d’originalité, pourquoi s’en priver ?

Il y a un an à peine, Thomas Lemasle et Francois-Xavier Henry ont lancé une application d’achat de vins en ligne, nommée PinotBleu.
Une petite sélection de bouteilles représentatives des vignobles français, provenant de vigneronnes et vignerons ayant une démarche écoresponsable.

Pour la Saint Valentin, ils ont collaboré avec une illustratrice de mode talentueuse, Elodie Clavier, afin de proposer deux coffrets « Mademoiselle » et « Monsieur », contenant six bouteilles ainsi qu’une illustration grand format en série limitée.

J-7, pour une idée cadeau associant l’art de la mode à celui du vin, il vous suffit de télécharger l’application PinotBleu.

Être amoureux (ou entre copines), un verre à la main, c’est tellement bien !

Millésime Bio 2017, mes découvertes #2

Après un premier billet dédié à mes découvertes au-delà de nos frontières (Millésime Bio 2017, mes découvertes #1), on retrouve notre chère patrie et ses vins chéris…

Six cuvées made in France qui ont su faire la différence.

Lune Blanche, Domaine Le Conte des Floris, IGP Cassan. Un Carignan blanc de 2002, qui a surpassé l’épreuve du temps.

Kastelberg Grand Cru, Marc Kreydenweiss, AOP Alsace. Un Riesling qui exprime l’excellence de son terroir de schistes noirs.

Pinot Noir, Mas Bres, IGP Cévennes. Un rosé de gastronomie pour des accords mets et vins savoureux.

Tarroussel, Château de la Liquière, AOP Faugères. Une nouvelle cuvée issue d’un vieux Grenache Noir, au charme enivrant.

GC, Château du Cèdre, AOP Cahors. Un Malbec à l’intensité renversante.

Plus qu’une cuvée, c’est l’ensemble de la gamme du Château Maris qui est remarquable. Difficile de faire un choix entre ces vins élégants et racés, élevés sur le terroir du Minervois.

Millésime Bio, un salon où toutes les vigneronnes et tous les vignerons sont à la même enseigne, où seul l’humain et la qualité des vins priment.

Vivement l’année prochaine !

Millésime Bio 2017, mes découvertes #1

Fraîchement rentrée de Millésime Bio, le salon mondial des vins biologiques, je m’empresse de vous dévoiler mes découvertes…

Dans cette première partie, retrouvez six cuvées au-delà de nos frontières.

Grüner Veltliner Goldberg, Bioweingut Diwald, Wagram, Autriche. Un vin blanc pour une sensation éclatante.

Kröv Steffensberg Gege, Staffelter Hof, Allemagne. Un Riesling sec à la complexité élégante, tendu comme un arc.

Cueva Llana macabeo, Señorío del Júcar, Vino de la Tierra de Castilla, Espagne. Un Macabeu dans toute sa splendeur.

Cueva Llana rosado, Señorío del Júcar, Vino de la Tierra de Castilla, Espagne. Un vin rosé issu d’un cépage endémique, le Bobal, pour une immersion délicate en Castilla La Mancha.

Pinot Noir, Clos Henri, Marlborough, Nouvelle-Zélande. Un vin rouge qui frise l’excellence.

Tenuta Vignega, Amarone della Valpolicella, Italie. Une cuvée aussi romantique que le nom de son appellation, un millésime 2010 qui a l’étoffe d’un grand vin.

On retourne très vite en France pour la suite de mes pépites !

Mon vin du weekend #78

« Elles » s’appellent Marie-Caroline, Anne-Cécile et Claudine Rozier, trois femmes exceptionnelles à l’origine de cette cuvée spéciale…

Une cuvée spéciale car elle est élaborée uniquement les années où cette parcelle de Merlot, la plus vieille du Château, peut arriver à sa maturité optimale, puis que sa vinification et son élevage de 12 mois en fûts de chêne, lui permettent de s’exprimer avec tact et complexité. Des conditions qui ont été réunies pour ce millésime 2012 et qui m’ont permis de savourer la bouteille numérotée 1267 (sur 1500).

Un nez terrible de notes fraîches (mentholées, poivrées), gourmandes (kirsch, cacao), joliment épicées par un boisage fondu. Une bouche bien ficelée, puissante, à l’attaque suave, puis qui rebondit de vivacité.

« Elles » (prix 12,50€) est un vin de gastronomie, à réserver pour un repas chaleureux avec une canette aux olives, un osso bucco de veau, ou, pour les végétariens, la super recette de quinoa aux légumes d’automne rôtis de ma copine Anne (auteur du blog culinaire Papilles & Pupilles).

Si vous passez dans le coin, sur la rive droite de la Dordogne, à quelques kilomètres au nord de Saint-André-de-Cubzac, vous ne pourrez que remarquer le Château des Arras, qui s’élève majestueusement au milieu des vignes. Ce fut, au 15ème siècle, un poste militaire, c’est aujourd’hui un havre de paix à l’allure d’arche de Noé car les animaux y vivent des jours heureux.

Alors, n’hésitez pas à vous arrêter pour séjourner dans les chambres d’hôtes authentiques, visiter le vignoble, les chais, déguster des vins qui ont du peps, à l’instar des trois filles du Château.

Pour un weekend dynamique !

Mon vin du weekend #77

Une de mes bonnes résolutions de cette nouvelle année est de déguster plus de vins de la Vallée du Rhône. Chose promise, chose due, direction l’AOP Crozes-Hermitage avec une Cuvée Particulière…

Le vignoble de Crozes-Hermitage, situé sur la rive gauche du Rhône, est la plus grande des appellations septentrionales. Une production consacrée majoritairement aux vins rouges (92%) issus de la fameuse Syrah. C’est donc dans les quelques pourcentages restants que j’ai choisi ce vin blanc.

Pour être franche, je me suis fait un peu aider. J’ai (presque) sagement écouté les conseils de Philippe, le tout nouveau caviste de La Cave du Triangle, et me voilà repartie une bouteille du Domaine des Remizières à la main.

Quel plaisir de retrouver la Marsanne dans son plus bel élément !

Une robe qui ensoleille votre dîner. Un nez qui s’ouvre sur des notes douces, fleurs jaunes, goyave, beurrées, puis qui s’épice de poivre blanc et curcuma avant de trancher comme un silex. Une texture enveloppante, équilibrée par une fraîcheur et une pointe d’amertume salivantes.

Une Cuvée Particulière (prix 15€) à réserver aux plaisirs de la table, avec un tajine de poulet aux citrons confits ou des pâtes aux crevettes.

Pour un weekend de gastronomes !

Women Do Wine

Women Do Wine est apparue l’année dernière suite au coup de gueule poussé par Sandrine Goeyvaerts, auteur du blog LA PINARDOTHÈQUE, en réaction aux Trophées du Vin décernés par La Revue du vin de France. Encore une fois, la gent féminine s’est retrouvée très largement sous représentée.

Une montée d’adrénaline justifiée, qui a fait son bout de chemin sur twitter avec le hashtag #womendowine, puis qui nous a donné envie d’en faire plus !

C’est ainsi qu’est né le collectif Women Do Wine, comptant 152 membres en quelques jours, et regroupant les femmes du milieu du vin (vigneronnes, œnologues, cavistes, sommelières, journalistes, blogueuses…).
L’ambition est de créer une association ayant pour vocation de mettre en lumière les femmes qui sont, de près ou de loin, « dans le jus » !

Aujourd’hui, nous discutons de ce projet excitant et nous avons besoin d’un petit coup de pouce financier pour nous aider à bien faire les choses (création de l’association, hébergement et réalisation d’un site web, d’une identité visuelle…). N’hésitez donc pas à contribuer à notre cagnotte.

Pour vous remercier, voici, en primeur, une action que la communauté compte lancer : une cérémonie de prix organisée par des femmes, pour des femmes du vin !

Vous pouvez d’ores et déjà, suivre nos aventures sur facebook, twitter, instagram, nous rejoindre (womendowine@gmail.com), ou partager vos sentiments en commentaire.

Cette année 2017, les Women Do Wine vont faire parler d’elles !