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Women do Wine, les femmes changent-elles le monde du vin ?#2

Maintenant que les clichés sont tombés et que nous partons sur des bases saines dénuées de sexisme (voir billet Women do Wine, les femmes changent-elles le monde du vin ?#1), retour sur la deuxième partie de la table ronde que j’ai eu le plaisir d’animer pendant la première rencontre Women do Wine…

Les femmes ont toujours été présentes dans la filière vin, mais certainement pas aux mêmes fonctions. Elles ont été à l’époque interdites dans les chais, puis reléguées à certains travaux de la vigne (les plus fastidieux), cantonnées à des postes de bureau ou de labo… 

Aujourd’hui, même si les femmes du vin manquent encore de visibilité et de reconnaissance, si la parité est loin d’être d’actualité dans tous les métiers, elles ont leur place dans la filière où elles insufflent un vent de diversité porteur d’innovation.

Les jeunes femmes qui reprennent le domaine familial, les néo-vigneronnes, n’hésitent pas à bousculer les habitudes : planter de nouveaux cépages, essayer des nouvelles techniques de vinification, proposer des accords mets et vins originaux… Elles ont envie de sortir d’un univers parfois trop codifié, de rendre le vin plus accessible. 

Par exemple, les femmes sont très présentes sur les réseaux sociaux, elles ont compris que la communication digitale est devenue un outil indispensable (voir billets Les réseaux sociaux, un bon tuyau pour la filière vin #1 et #2).

Ce vent de dynamisme et de nouveauté n’est bien entendu pas propre au sexe féminin. Il est avant tout générationnel et contextuel, mais, à mon plus grand bonheur, les femmes en sont des actrices à part entière !

Nous avons évoqué deux sujets où être une femme peut avoir une incidence.

Si l’aptitude à l’analyse sensorielle n’est bien sûr pas une question de genre, j’ai remarqué pendant mes cours d’initiation à la dégustation que les femmes identifient plus facilement les arômes floraux et les épices. Cette sensibilité olfactive est certainement liée à l’éducation parce que elles sont encore bien souvent derrière les fourneaux…

En terme de machinisme, le fait qu’il y ait de plus en plus de personnes de la gent féminine travaillant à la vigne et dans les chais pousse les constructeurs à développer des outils plus ergonomiques, facilitant ainsi le travail des femmes et des hommes.

Je me suis évidemment retourné la question, est-ce qu’à mon niveau j’ai fait changer le monde du vin ?
Au Domaine la Vivarelle, j’agis avec les compétences et les aspirations d’Audrey Martinez qui sont dépendantes de mon caractère et non pas de mon genre.
Au sein de mon activité de communicante sur le vin, je pense que le fait que je sois une femme militante de l’égalité m’incite à mettre en avant les femmes du vin.

Les femmes sont en train de changer le monde du vin parce qu’en s’unissant elles vont se donner de l’énergie, prendre confiance en elles afin de bouleverser les codes, modifier les rapports de force, faire évoluer la filière vin vers plus d’équité et de respect.

Un grand bravo à l’association Women do Wine pour l’organisation hors-pair de cette belle journée !

Women do Wine, les femmes changent-elles le monde du vin ?#1

Je vous avais demandé votre aide dans mon billet Rencontre Women do Wine, on a besoin de vous ! Et bien figurez-vous que l’association a réussi à financer sa première manifestation qui s’est tenue dimanche 23 juin à Paris. L’occasion idéale de réfléchir et d’échanger sur des sujets qui nous tiennent à cœur : les femmes changent-elles le monde du vin ?

J’ai tout d’abord été extrêmement flattée lorsqu’elles m’ont proposé d’animer cette table ronde en compagnie de deux super filles du vin, Laetitia Allemand (Domaine Allemand) et Birte Jantzen (Winebubble).
Puis, quand j’ai commencé à songer à cette thématique, je me suis dit qu’on allait être en terrain glissant… Comment essayer de répondre à cette question sans tomber dans des propos genrés ? Ceux contre lesquels je m’offusque au quotidien…

Alors, en préambule, on a décidé d’en profiter pour faire tomber des clichés ! En quoi les femmes ne changent-elles pas le monde du vin ? 

Les femmes ne font pas des vins de femmes.

Combien de fois ai-je entendu (de la part d’hommes et de femmes) au cours d’une dégustation de mes vins : « ah, on voit bien que ce sont des vins de femmes. Les tanins sont soyeux, ils ont du charme… ».

En fait, à la Vivarelle, on travaille en équipe en s’attachant à élaborer des vins bien équilibrés, aux tanins bien enrobés qui n’assèchent pas le palais. Mais je ne pense vraiment pas que ce soit une question de genre, il suffit juste d’être à l’écoute de ses terroirs.

Non les vigneronnes ne vinifient pas que des rosés fruités ou des rouges gouleyants, faciles à boire. Les femmes du vin ne changent pas le goût vin !

Les femmes ne sont pas plus douées pour la dégustation.

Certains pensent que les dégustatrices sont plus fines, plus compétentes, dans l’exercice de l’analyse sensorielle. 
L’aptitude à la dégustation, et notamment à la reconnaissance des arômes, dépend des prédispositions génétiques, mais surtout de la pratique, de l’apprentissage. 

Pourquoi nous arrive-t-il d’être ému lorsque qu’on respire un vin ? Parce que son nez nous replonge dans un doux souvenir d’enfance. L’identification des familles aromatiques composant le bouquet d’une cuvée est avant tout liée à notre passé olfactif et non à notre sexe.

Les femmes ne mettent pas la barre plus haut en terme de dégustation !

Les femmes ne sont pas forcément attirées par les étiquettes roses.

Le marketing genré m’a toujours dérangée. Il est vrai que la répartition des tâches n’est toujours pas d’actualité et que ce sont encore les femmes qui se chargent de remplir le frigo du foyer, donc d’acheter le vin.

Des études disent que celles-ci pourraient être attirées par des packagings modernes aux couleurs « flashy ». Mais cela ne serait-il plutôt pas une question de génération plus que de genre ? Ces codes ne parleraient-ils pas plus aux jeunes consommateurs avides de fun ?

Les consommatrices, les vigneronnes, les chargées de marketing, ne tombent pas toutes sous le charme du « girly » ! Elles s’attachent avant tout à la qualité de l’habillage.

Les femmes qui réussissent ne sont pas toutes des « dames de fer ».

Ce cliché n’est malheureusement pas spécifique à la filière vin. Les femmes qui exercent des métiers de haut vol sont souvent réputées pour avoir un caractère fort, exerçant un management à la dure… 

Il est encore malheureusement vrai qu’elles ont du faire leurs preuves plutôt deux fois qu’une pour en arriver là, taper du poing sur la table pour s’imposer, résister à des propos sexistes. Mais ce n’est évidemment pas pour autant qu’elles sont devenues des despotes… 

Peut-être que ce parcours du combattant a un peu forgé leur caractère ? Et puis, cela se saurait si les hommes les plus influents de la filière vin étaient doux comme des agneaux…

A suivre, la deuxième partie de notre table ronde, qu’est-ce que les femmes du vin changent ?

Vins de Géorgie, mes coups de cœur

Je peux vous dire que mon cœur s’est emballé à maintes reprises devant les vins de Géorgie et leurs 500 cépages autochtones ! Voici ma sélection…

Iago Chinuri, Iago’s Wine.

Le plus authentique, Iago Chinuri 2017, Iago’s Wine.

Un vin ambré (voir billet Les vins ambrés de Géorgie) de la région de Kartli (voir billet Wine trip, les vins de Géorgie #1).

Un cépage local, le Chinuri, vinifié à l’ancienne. Après une vendange à la main, les grappes entières sont directement mises en qvevris. La seule intervention de Iago consiste à faire des pigeages manuels pendant la phase de fermentation alcoolique. A la fin de celle-ci, les jarres sont hermétiquement fermées jusqu’à leur décuvage manuel au bout de 6 mois. 

Un vin qui respire à plein nez la fleur d’oranger, le safran, le coing, le citron confit. Une bouche à l’équilibre riche, où la concentration arrive à soutenir la fermeté des tanins. Une finale très longue, envoûtante…

Quand j’ai demandé à Iago avec quels plats l’associer, il m’a répondu : « le meilleur accord est avec les fromages français, comme un vieux Comté ». 

Goruli Mtsvane, Château Mukhrani.

Le plus dynamique, Goruli Mtsvane 2017, Château Mukhrani.

Un blanc à base de Goruli Mtsvane, vinifié à l’européenne, de la région de Kartli : vendanges manuelles, macération pré-fermentaire à froid, pressurage, fermentation et élevage sur lies en cuve.

Un superbe nez gourmand de pêche jaune, mirabelle, citrus, anis étoilé. Une bouche droite et tendue, à la finale vivifiante sur des notes de pamplemousse jaune.

Un vin capable de donner la réplique à un apéritif dînatoire autour de délices de la mer : quiche au saumon, rillettes de thon, bulots, tartares de poisson…

Tsitska, Baia’s Wine.

Le plus « girly », Tsitska 2018, Baia’s Wine.

Un vin ambré de la région d’Imereti (voir billet Wine trip, les vins de Géorgie #2), issu du cépage Tsitska. 

Baia, la vigneronne, a trouvé un compromis entre la « méthode traditionnelle » et « européenne » afin d’obtenir une extraction maîtrisée : égrappage des raisins, macération en qvevris pendant 3 mois, puis élevage en cuves.

Son Tsitska a toute la complexité aromatique d’un vin ambré (abricot sec, miel, fleurs jaunes, curcuma) avec une approche en bouche plus accessible ; des tanins juste présents pour contraster un volume charmeur.

Le vin idéal avec la cuisine asiatique : soupe de poulet à la citronnelle, dim sum, pad thaï, crevettes au curry…

Saperavi, Chubini Wine Cellar.

Le plus fun, Saperavi 2017, Chubini Wine Cellar.

Même si les rouges sont minoritaires, je ne pouvais pas passer à côté du Saperavi ! Avec 10% des surfaces en production, il est le raisin rouge le plus planté en Géorgie.

Cette variété très ancienne appartient à la catégorie extrêmement rare des cépages teinturiers (à la pulpe colorée). Il peut être vinifié à « toutes les sauces » (qvevris, cuves, barriques), en sec, « mi-sucré », sucré ou muté, mais une chose demeure invariable, sa robe rouge est hallucinante de profondeur, presque opaque.

En Kakheti (voir billet Wine trip, les vins de Géorgie #3), Tornike érafle ses raisins, puis les laisse macérer en qvevris pendant 6 mois.

Son Saperavi vous ravira de plaisir ! Un vin sec au nez guilleret de fruits noirs (cassis), poivre, genièvre, eucalyptus, cacao. Une bouche juteuse, fruitée, tout en dentelle.

Un vin plaisir qui donne le sourire !

C’est avec cet article que se clôture ma série sur la Géorgie. Je pense que vous avez ressenti l’émotion que m’a suscité ce voyage, pour plusieurs raisons qui n’évoquent pas seulement l’univers du vin…

Gagvimardjos (santé) !

Les vins ambrés de Géorgie

Après ce wine trip palpitant en Géorgie, il me semble important de revenir plus en détails sur l’élaboration des vins ambrés. Tout simplement parce qu’ils sont uniques…

Ils sont tendance en France depuis quelques années sous le nom de « vins oranges » (voir billet Vin orange, la tendance de la rentrée). Cependant, la Géorgie, le berceau de cette technique de vinification, n’est pas d’accord avec cette dénomination qui porte à confusion avec le vin d’orange (fait à partir de cet agrume). Le pays a demandé à l’OIV (Organisation Internationale de la vigne et du vin) de légiférer sur la catégorie « amber wine » ou vins ambrés en français.

De plus, l’élaboration des « vins oranges » s’inspire de la « méthode traditionnelle » géorgienne mais elle n’est pas faite dans les règles de l’art.

Atelier de fabrication artisanale de qvevri.

La Géorgie est « le pays où l’on tire le vin de la terre ». La « méthode traditionnelle », appliquée depuis 8000 ans, est réalisée en qvevris, ces sublimes jarres en terre cuite, confectionnées entièrement à la main (voir billet Wine trip, les vins de Géorgie #2) et enterrées dans les maranis (les chais authentiques).

Les exceptionnels vins ambrés sont des blancs secs vinifiés comme des rouges c’est-à-dire qu’ils macèrent avec les pellicules, les pépins et parfois même les rafles, pendant plusieurs mois (entre 1 et 12 mois) avec très peu d’intervention de l’Homme (pigeage manuel, pas de levurage, contrôle des températures par l’inertie thermique de la terre…). 

Ces vins riches, complexes, structurés par des tanins, sont inhabituels pour nos palais mais passée une courte phase d’apprentissage, ils sauront vous séduire…
Ils sont parfaitement en accord avec la gastronomie géorgienne, riche de ses influences asiatiques et orientales, qui offre une extraordinaire variété de plats assaisonnés d’herbes sauvages, d’épices, de noix. 
« Chaque plat géorgien est un poème », Alexandre Pouchkine. 

Cette technique ancestrale demande peu de matériel de vinification mais elle exige beaucoup de manutention et ne peut donc s’appliquer que sur des volumes restreints.

Un marani datant du 17ème siècle.

A côté de cela, certains domaines (généralement les plus gros) optent pour la « méthode européenne » en cuves avec, en option, un élevage en fûts de chêne. Cette vinification nécessite plus de technologie (pressoir pneumatique, filtration…), mais elle permet de vinifier de plus grosses quantités. 

Même si j’ai été plus intéressée par la « méthode traditionnelle », c’est une fabuleuse découverte parfaitement adaptée à l’expression des cépages endémiques, je ne me permettrais pas d’apporter un jugement de valeur. 
Elles sont toutes deux complémentaires, à l’origine de vins ayant des typicités distinctes, pour des moments de consommation différents.

A venir, ma sélection de vins coup de cœur…

Wine trip, les vins de Géorgie #3

C’est déjà la dernière étape de notre wine trip en Géorgie (voir billets Wine trip, les vins de Géorgie #1 et #2), mais certainement la plus riche… Direction la Kakheti !

Etape 4 : la région de Kakheti.

La Kakheti est le berceau de la vigne en Géorgie. C’est dans cette région à l’extrémité est du pays, frontalière avec la Russie (au nord-est) et l’Azerbaïdjan (au sud-est), que des pépins de raisins vieux de 8000 ans ont été retrouvés dans les qvevris d’antan. 
Elle représente 70% de la production de vin et offre une diversité hallucinante de cépages endémiques (500).

Chubini Wine Cellar

L’arrivée à la Chubini Wine Cellar restera pour moi la plus belle image de ce voyage !

En 2016, à tout juste 25 ans, Tornike a décidé de quitter la bouillonnante Tbilissi pour venir s’installer dans le petit village de Shilda afin d’y lancer son domaine. Il n’est pas arrivé là par hasard. Il lui aura fallu près d’un an afin de dégoter l’endroit idéal.
Mis à part ce panorama grandiose, avec vue sur la chaine de montagnes du Grand Caucase, il a été emballé par ce terroir très qualitatif, peu fertile et caillouteux.

Comme tous les petits vignerons en Géorgie, il s’est tout d’abord consacré à édifier son marani : décaisser le sol à plus de 2 m, positionner ses 28 qvevris, construire le bâtiment en utilisant des matériaux locaux (pierres, bois). Puis ensuite, à acheter des vignes.

Le marani de la Chubini Wine Cellar.

Son premier millésime a été mis en bouteille en 2017, après 12 mois passés sous terre. Il produit aujourd’hui 10000 bouteilles (5000 de Rkatsiteli en blanc et 5000 de Saperavi en rouge).

Tornike a une personnalité très attachante, avide de partage. Dans ses yeux brille l’amour qu’il porte à ses créations, et à sa jeune femme qu’il vient d’épouser…

A faire : séjourner au Château Méré. La grande classe !

Il faudrait bien plus que quelques jours pour découvrir cette terre de contrastes, riche de son histoire et de sa culture. La Géorgie, ses Hommes et ses vins m’ont fait ressentir beaucoup de choses : une impression de retour dans le passé, de l’humilité vis-à-vis de cette technique de vinification traditionnelle, de la curiosité pour ces incroyables cépages autochtones (voire même un brin de jalousie), de l’inquiétude pour l’avenir de ce si beau pays…

Encore un grand merci à Barbara Bacic, fondatrice de Seawine Travel, qui avait déjà organisé mon wine tour en Croatie l’année dernière et à Khatuna Tsereteli , notre guide interprète locale au grand cœur !

Je vous donne rendez-vous très vite dans la rubrique tire-bouchon pour déguster mes vins coup de cœur…

Wine trip, les vins de Géorgie #2

Après une première étape dans la région de Kartli, je vous propose de poursuivre l’aventure en Géorgie avec les vins de Racha et d’Imereti…

Etape 2 : la région de Racha.

Continuons en direction du nord-ouest à la découverte de Racha. Une toute petite région qui produit le vin préféré des Géorgiens, l’AOP Khvanchkara. Un rouge de vendanges tardives, « mi-sucré », réalisé à partir de deux cépages que l’on ne retrouve qu’ici, l’Aleksandrouli et le Mujuretuli.

Le vignoble de la région de Racha.

La cave historique, datant de 1870, est le Royal Khvanchkara. Elle est encore aujourd’hui le plus gros faiseur de l’appellation (110 000 bouteilles), aux mains des mêmes personnes que le Château Mukhrani à Kartli.

Etape 3 : la région d’Imereti.

Cette région fertile de l’ouest, au climat continental tempéré par la Mer Noire, est reconnue pour ses blancs de Tsolikauri, Tsitska et Krakhuna.

La vigneronne Baia (Baia’s Wine) avec son grand-père.

Quelle joie de faire la connaissance de Baia (Baia’s Wine), une des 20 vigneronnes du pays (on est bien loin de la parité en Géorgie !). C’est son grand-père, un des premiers œnologues de Géorgie, qui lui a transmis sa passion pour la vigne et le vin.

Une bouteille de Baia’s Wine dans son marani.

Elle bichonne ses 3 hectares qu’elle vinifie de façon traditionnelle en qvevris, tout en s’inspirant des techniques de « vinification européenne » afin de garantir le bon déroulé des fermentations et de proposer des vins blancs aux profils plus accessibles. Les raisins sont égrappés et partiellement pressés. Les durées de macération sont raisonnées (1 à 3 mois).

Dégustation à la Winery Khareba.

Le contraste est fort devant la géante Winery Khareba. Un vignoble de 1000 ha, une cave où 25000 bouteilles s’élèvent dans les 7,7 km de galeries interconnectées creusées vers la fin des années cinquante (comme abri militaire) dans la roche granitique à flanc du massif montagneux du Caucase, un très beau complexe œnotouristique.

La gamme de vins est à l’échelle du domaine. Elle compte 35 références issues de cépages locaux et internationaux, vinifiés selon les méthodes « traditionnelle » et « européenne ». Ma dégustation s’est évidemment orientée vers les variétés locales et je peux vous assurer que je me suis vraiment régalée ! 

Fabrication d’un qvevri.

Quand Zaliko Bojadz façonne à la main les qvevris les plus réputés de Géorgie, le silence s’impose devant son art !

Ce savoir-faire exceptionnel se transmet de génération en génération, après plusieurs années d’apprentissage. Il s’agit tout d’abord de choisir la bonne qualité d’argile et de la ramasser à la main pour trier les éventuelles impuretés (cailloux…). Ensuite, le tournage des différentes parties se fait en plusieurs fois afin de les laisser sécher avant l’assemblage final. Elles sont alors cuites au four à bois pendant 6 jours minimum. La dernière étape consiste à les enduire de cire d’abeille, aux vertus antiseptiques.

Quand j’ai demandé à Zaliko le temps qu’il lui faut pour fabriquer un qvevri de taille moyenne (8 hl), il n’a pas pu me répondre, certainement par modestie…

A faire : le superbe marché de Kutaisi.

A suivre, la Kakheti, le berceau de la vigne en Géorgie…

Wine trip, les vins de Géorgie #1

Quel plaisir que de me replonger dans mes notes et mes jolies photos afin de revivre cette semaine inoubliable et de vous la faire partager. C’est parti pour un road trip autour du vin en Géorgie !

Avant de démarrer l’aventure, je vous conseille de lire l’article rédigé par mes soins pour un de mes clients (celui qui me prend pas mal de temps et qui fait que j’écris plus rarement ici, sorry !) consacré à la découverte des vins de Géorgie.

Etape 1 : la région de Kartli.

Après deux jours passés à la capitale, une ville que je vous conseille vivement de visiter parce qu’elle est à l’image du pays, contrastée et très attachante, direction la région viticole de Kartli à seulement quelques kilomètres au nord-ouest de Tbilissi.

A faire : le bar à vins Vinoground à Tbilissi.

Le chai de Iago’s Wine

J’en ai visité des caves à travers le monde, mais aucune qui ne soit aussi déroutante !
Je n’oublierai jamais cette première fois dans un marani en compagnie de Iago (Iago’s wine). Le marani est le nom des chais traditionnels en Géorgie, depuis plus de 8000 ans.

Ici, tout se passe sous terre. Les jarres en terre cuite en forme d’œuf, les qvevris, sont enterrées pour y accueillir les raisins blancs et rouges (non éraflés) pendant plusieurs mois (entre 4 et 12 mois). 
La vinification puis l’élevage se déroulent tout naturellement : les fermentations sont régulées par l’inertie thermique du sol, les filtrations se font avec le temps. 

Une petite exploitation de 2 ha qui valorise la vinification traditionnelle et les cépages autochtones (Chinuri en blanc et Saperavi en rouge).

Le Château Mukhrani

On change complètement de dimension au Château Mukhrani. Ce château construit au 19ème siècle par le Prince Mukhranbatoni est le seul et unique château vinicole du pays.
Il appartient aujourd’hui à des industriels qui exploitent 104 ha de vignes répartis en 12 cépages, locaux (dont, en blanc le Rkatsiteli et Goruli Mtsvane, et le Saperavi en rouge) et internationaux (Chardonnay, Sauvignon Blanc, Muscat, Cabernet Sauvignon, Syrah, Petit Verdot). 

Le chai à barriques du Château Mukhrani

L’œnologue allemand Patrick Honnef s’est tout d’abord orienté vers une « vinification européenne » (cuves inox, élevages en fûts de chêne), avant de faire un retour aux sources en construisant un marani pour le millésime 2018. 

A faire : le restaurant du Château Mukhrani, à l’intérieur de la cave souterraine historique.

On se retrouve très vite pour la suite du wine trip…

Rencontre Women do Wine, on a besoin de vous !

L’association Women do Wine organise sa première journée « à la rencontre des femmes du vin » le 23 juin 2019, à La Bellevilloise (Paris 20). On a besoin de vous afin de financer cet événement ! Pourquoi est-il indispensable que vous participiez à la campagne de crowdfunding ?

Parce que c’est une « bonne cause ».

L’association Women do Wine a été créée en 2017 afin de mettre en lumière les femmes sous-représentées médiatiquement dans le monde du vin. 
Elle réunit aujourd’hui 281 membres dans 11 pays, 281 femmes reliées par la même passion du vin (vigneronnes, sommelières, cavistes, œnologues, journalistes, blogueuses…).

Même si les mentalités évoluent et que la filière se féminise, la parité est loin d’être d’actualité dans tous les métiers, de fâcheux a priori subsistent, les femmes du vin ne sont pas encore reconnues à leurs justes valeurs… 

Bref, il est temps de se serrer les coudes, de mutualiser nos compétences, d’échanger, de faire entendre nos voix, afin de faire changer les choses et de faire avancer l’égalité dans le monde du vin !

Parce que cette journée restera gravée dans les annales.

Quoi de mieux que d’organiser une journée « à la rencontre des femmes du vin », ouverte au public, afin d’avancer main dans la main ?
L’objectif n’est pas de rester entre nous mais de se retrouver entre amatrices et amateurs de vin, professionnels et non professionnels. 

Cette journée incroyable sera rythmée de dégustations, masterclass, tables-rondes, conférences, remises de prix, mais aussi de réseautage, une exposition, et plein d’autres surprises…

Le programme vous sera dévoilé petit à petit sur l’événement Facebook et sur le site Women do Wine.

Parce que vous avez à y gagner.

Women do Wine est une association à but non lucratif, orchestrée par des bénévoles. Vous pensez bien que nous n’avons pas les moyens d’organiser un tel événement d’envergure sans votre contribution !
L’objectif de cette campagne de crowdfunding est d’atteindre 20 000€. 

Mais attention, nous avons fait travailler notre imagination afin de vous proposer des contreparties bien sympathiques !

Nous vous proposons : des goodies au logo Women do Wine (mug, totebag, tshirt), des abonnements annuels au média « Tellement soif », de jolies gravures « Je bois la vie en rose », mais aussi des cours de dégustation, visites de domaines, pique-niques dans les vignes…

Pour nous aider vous pouvez :
1 : Participer à ce crowdfunding.
2 : Partager sur les réseaux sociaux, blogs, sites, en parler à vos amis, collègues, familles, fournisseurs, clients…
3 : Adhérer à l’association (si vous êtes une femme du vin).
4 : Venir à la Rencontre Women do Wine.

Le 23 juin 2019, La Bellevilloise, le Paris de la liberté, va vibrer avec les femmes du vin, si vous nous y aidez !

Mes coups de cœur d’Irouléguy

Ce vignoble au charme fou (voir billet Le vignoble d’Irouléguy) m’a évidemment révélé des chouchous ! Partons à la découverte de mes domaines et cuvées coups de cœur d’Irouléguy…I

La cave d’Irouléguy, l’exemplaire.

Je suis encore trop souvent agacée par la mauvaise presse des caves coopératives ! Je conseille donc vivement à leurs détracteurs de rendre une petite visite à la cave d’Irouléguy…

C’est pour moi l’exemple parfait d’une cave dynamique, qui a su évoluer avec son temps et qui n’a rien à envier aux caves particulières (à bon entendeur…). Leur site internet est superbe, ils sont actifs sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram) et leur caveau de vente est juste dément !

Un grand espace lumineux où les différentes cuvées sont joliment présentées, un coin dégustation professionnel et convivial, une mise en valeur de l’humain par de grands portraits suspendus des coopératrices et coopérateurs, une scénographie digne de la Cité du Vin à Bordeaux (à plus petite échelle) détaillant le cycle de la vigne, les terroirs… 

Avec ses 150 ha, elle représente 60% des surfaces plantées de l’appellation. Elle réunit 81 adhérents portant haut et fort les valeurs de l’esprit coopératif.

Tous ces efforts payent évidement en bouteille. Leur gamme est très bien habillée, avec le juste équilibre entre tradition basque et modernité, et la qualité des vins est au rendez-vous.

Mon chouchou est un « Incontournable » : Mignaberry blanc 2017 (80% Gros Manseng, 15% Petit Manseng, 5% Petit Courbu).
Une petite bombe de fruits exotiques, agrumes et fleurs blanches, à la bouche vivifiante.
Un vin qui éveille les papilles et qui donne le sourire aux lèvres !

Le Domaine Ilarria, le pionnier.

En 1987, Peio Espil fut le premier vigneron en cave particulière de l’appellation. Au fil du temps, il a fait évoluer ces bâtiments de caractère, anciennement dédiés majoritairement à l’élevage, afin d’y accueillir une cave de vinification, un chai à barriques et un caveau de vente.

La réhabilitation du vignoble a été une rude tâche. Les coteaux calcaires pentus anciennement dédiés à la vigne, mais restés longtemps en friche, ont été petit à petit replantés (au pic et à la barre à mine) en prenant soin de conserver les vieilles murettes en pierre et les charmantes cabanes de vignerons d’antan.

Aujourd’hui, le domaine exploite 10 ha de vignes cultivées avec passion sur ces terroirs pauvres et rocheux (rendements de 20 à 40 hl/ha).

Mon chouchou est le blanc 2016 (50% Petit Manseng, 50% Petit Courbu).
Un vin de gastronomie, ample et complexe, qu’il faut prendre le temps de savourer…

En tant que « winelover » qui a un grand cœur, je reviendrai en Irouléguy afin de poursuivre mes belles rencontres.

Milesker !

Le vignoble d’Irouléguy

Il nous arrive de partir au bout du monde à la découverte de vignobles insolites qui sauront dépayser nos papilles. Une envie somme toute largement intelligible, à condition de ne pas délaisser les pépites sur le pas de notre porte… C’est le sentiment que j’ai eu après mon escapade dans le vignoble d’Irouléguy. Une pépite au charme fou !

Irouléguy, le charme de son exclusivité.

Ses vins n’envahiront jamais les linéaires des supermarchés. Et pour cause, ce vignoble niché au cœur du Pays Basque, autour de Saint Etienne de Baïgorry et de Saint Jean Pied de Port, se déploie avec grâce sur seulement 240 ha. Il est considéré comme l’un des plus petits vignobles de montagne de France. 

Le Syndicat des Vins d’Irouléguy, créé en 1945, ne compte que 11 domaines et 1 cave coopérative. 

Le charme de ses courbes.

Son exclusivité n’est pas uniquement l’apanage de son aire d’appellation confidentielle. Elle est aussi la conséquence de son terroir.

Des petites parcelles en terrasses fleurissent sur des collines pentues (jusqu’à 80% de pente) ne permettant qu’un travail manuel (avec de bons cuissots !). 

Ses sols de grès rouges, argileux, calcaires ou schisteux, majoritairement rocheux et pauvres, limitent naturellement les rendements (autour de 40 hl/ha).

Le charme de sa diversité.

Ne vous attendez pas à voir des petits villages entourés exclusivement de vignes. Ici, prendre une jolie photo du vignoble se mérite !

Tout d’abord, parce qu’il s’agit de trouver les parcelles, qui sont réservées aux terroirs les plus qualitatifs, entre les pâturages. Les vignerons sont aussi des éleveurs (moutons, brebis, vaches) et parfois même des producteurs de cidre et de jus de pomme. 

Ensuite, parce que leur accès n’est pas facile. Pour réussir un cliché vertigineux, il vous faudra gravir la pente, puis vous faufiler entre les clôtures. L’insatiable appétit des brebis toutes mignonnes qui pâturent gaiement dans les vignes en hiver n’est plus le bienvenu dès le débourrement !

Le charme de ses cépages autochtones.

Nous sommes ici dans un des fiefs des cépages endémiques du Sud-Ouest. En rouge, le Tannat, Cabernet Franc et Cabernet Sauvignon représentent 85% des surfaces plantées. En blanc, le Gros Manseng, Petit Manseng et Petit Courbu, complètent le gâteau.

Les vins blancs, d’une extraordinaire puissance aromatique tout en élégance, à la trame ample et mordante, ont le vent en poupe (à juste titre). Les rosés dénotent un peu (et tant mieux !) de la tendance pâlotte actuelle pour offrir une belle concentration leur permettant de s’inviter à table. 

Il est grand temps de faire fi des a priori, à Irouléguy (tout comme à Madiran), on a réussi à « enrouler » les tanins du Tannat ! Les rouges s’expriment selon différents profils : amical et gouleyant, ou de garde et charpenté.

Le charme de ses vigneronnes et vignerons.

Des vigneronnes et vignerons aux sourires fiers de leurs créations, amoureux de leurs terroirs difficiles, gourmands des accords mets et vins régionaux, parfois un peu chauvins, mais c’est aussi ce qui fait leur charme…

On se retrouve pour mon prochain billet, mes coups de cœur d’Irouléguy !