Sous les spotlights
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Le 1er tour du monde du vin, l’interview de Jean-Baptiste Ancelot

Le livre de Jean-Baptiste Ancelot, « WINE EXPLORERS, LE 1ER TOUR DU MONDE DU VIN » vient de sortir, voici l’interview d’un auteur, baroudeur, fervent winelover…

Les premiers émois passés, me revoilà à vous parler de ce bel ouvrage qui m’a tenue en haleine pendant plusieurs heures et que je suis certaine de refeuilleter un jour (voir précédent billet)…

Il faut dire que ce livre, résultant de 11 ans de vie dédiés à sa création, est dense en informations. Mais rassurez-vous, même si Jean-Baptiste a été pointilleux sur les chiffres, sa mise en page conviviale permet plusieurs niveaux de lecture, selon votre humeur.

J’ai tout particulièrement aimé les anecdotes : à Madagascar, il est très difficile d’importer des bouteilles neuves. Elles sont donc réutilisées plusieurs fois, pour un âge moyen de 70 ans. Un bel exemple de recyclage !
L’émotion qui se dégage des vins « coups de cœur » : « difficile de mettre des mots devant autant de finesse ».
La qualité des photos : vignobles magnifiques avec vue imprenable, portraits des femmes et des hommes du vin aux regards éclairés par leur passion, clichés insolites.
J’ai eu la surprise de découvrir qu’il y a de la vigne sur les plateaux Batéké au Gabon, un de mes plus beaux voyages…

Jean-Baptiste n’est pas tombé dans le verre étant petit. Il fait partie de ces personnes non issues du milieu du vin qui trouvent leur propre chemin. C’est en potassant les nombreux livres disponibles sur le sujet, afin de préparer son admission au MBA en commerce des vins et spiritueux à l’Inseec de Bordeaux, qu’il a été frustré de ne pas trouver toutes les informations nécessaires à la compréhension de la filière au niveau mondial.

Qu’on se le dise, « si cela n’existe pas encore, je relève le défi ! ».

La WINEista. En quoi ce livre propose-t-il une vision nouvelle du vin ?
Jean-Baptiste Ancelot. Ce livre est une première mondiale ! Il recense tous les pays producteurs de vin du monde en prenant en compte tous les acteurs de la filière. Il synthétise des données les plus actualisées possibles. Il répond aux questions que je me suis posées quand j’étais étudiant. Il rend enfin l’information accessible à tous. C’est mon combat de tous les jours !

La WINEista. Votre tour du monde du vin fait rêver, n’a-t-il pas été difficile de le financer ?
J-B.A. Cela n’a pas été la partie la plus facile… Il m’a fallu deux ans pour trouver les fonds. 
Curieusement, 70% des sponsors ne sont pas issus du vin. Le numéro 1 est Pilote, un constructeur de camping-cars. Il nous a même fourni un prototype avec lequel nous avons parcouru l’Europe. C’était bien pratique, nous avions à la fois une maison, un bureau et une voiture.

La WINEista. Comment avez-vous choisi les vigneronnes et vignerons que vous avez rencontrés ?
J-B.A. Avec près de 188 000 domaines dans le monde, il faudrait 13 vies pour tous les visiter. J’ai été obligé de faire des choix. 
Je me suis attaché à avoir un panel représentatif de chaque pays en choisissant plusieurs tailles d’exploitations. J’ai privilégié des domaines fidèles à mes valeurs, familiaux et respectueux de l’environnement.

La WINEista. Quel est le paysage viticole qui revient quand vous fermez les yeux avant de vous endormir ?
J-B.A. Le coucher de soleil sur les contreforts de la cordillère des Andes depuis les hauts plateaux de la vallée d’Ica au Pérou où se trouve le domaine Tacama. C’était magique…

La WINEista. Y a-t-il une vigneronne ou un vigneron qui vous a tout particulièrement touché ?
J-B.A. Chan Thay Chhoeung au Cambodge. Tout d’abord parce que je revois encore son sourire merveilleux à mon arrivée à la descente du bus, alors que j’étais très embarrassé d’avoir plus de quatre heures de retard.
Ensuite parce qu’il a réussi le pari fou d’aller au bout de ses rêves en plantant de la vigne à la place de ses orangers. C’est aujourd’hui le seul producteur du pays. Il éduque même les locaux à la culture de la vigne, c’est une véritable attraction touristique !
J’ai passé trois jours chez lui avec sa famille, je n’oublierai jamais ces moments…

La WINEista. Quel a été votre plus grand moment de solitude ?
J-B.A. C’était en Birmanie ! Le gros serpent que j’ai eu le malheur de croiser dans une vigne alors que j’étais en tongs m’a donné des sueurs froides !

La WINEista. Quelle cuvée avez-vous débouché afin de fêter la sortie du livre ?
J-B.A. Je me suis tout d’abord fait tatouer un tire-bouchon sur le bras ! Ensuite, j’ai ouvert un blanc, Clos Stegasta Asyrtiko 2017, du domaine T-Oinos situé sur l’île de Tinos au nord des Cyclades. J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette cuvée, du terroir en bouteille ! 
Peut-être aussi parce que c’est à cet endroit que ma femme m’a rejoint et m’a annoncé que nous attendions un bébé…

La WINEista. Et avec quel plat ?
J-B.A. Un risotto au gorgonzola !

La WINEista. Quel est, selon vous, le pays le plus prometteur ?
J-B.A. Difficile de répondre… Il y en a beaucoup… La Bolivie fait partie de ces pays prometteurs. Un vignoble loin d’avoir développé tout son potentiel alors qu’il possède des terroirs très qualitatifs et une viticulture d’altitude qui confèrent aux vins une superbe fraîcheur.

La WINEista. Et la France dans tout ça ? Comment se situe-t-elle dans la planète vin ?
J-B.A. En terme d’image, la France reste sur la première marche des winelovers. Mais les gens ouvrent leur esprit, ils ont envie de découvertes. Il ne faudrait pas que l’on reste endormi sur nos lauriers…

La WINEista. Le monde du vin respecte-t-il la parité hommes-femmes ?
J-B.A. Non pas encore ! Dans mon livre, les femmes du vin représentent toutefois un tiers des portraits, c’est déjà une petite victoire. Elles sont souvent mieux acceptées dans les pays du nouveau monde, qui ont des mentalités plus ouvertes… 
Tout le monde a le droit d’exprimer son talent et mérite de parler du vin avec sa propre sensibilité, indépendamment de son sexe.

La WINEista. N’est-il pas difficile de poser ses valises après quatre ans de voyages dans 88 pays ?
J-B.A. Non, je vis ma sédentarité avec beaucoup de plaisir. D’autant plus que je viens d’être papa. Mais je vais continuer à voyager pour mon futur projet. Une nouvelle expérience autour des vins du monde… Cela va être amusant !

Merci Jean-Baptiste pour cet échange passionné et passionnant. Votre audace, votre modestie, votre fougue et votre courage font que vous méritez amplement votre surnom de « Robin des Bois du vin » !

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