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Women do Wine, les femmes changent-elles le monde du vin ?#1

Je vous avais demandé votre aide dans mon billet Rencontre Women do Wine, on a besoin de vous ! Et bien figurez-vous que l’association a réussi à financer sa première manifestation qui s’est tenue dimanche 23 juin à Paris. L’occasion idéale de réfléchir et d’échanger sur des sujets qui nous tiennent à cœur : les femmes changent-elles le monde du vin ?

J’ai tout d’abord été extrêmement flattée lorsqu’elles m’ont proposé d’animer cette table ronde en compagnie de deux super filles du vin, Laetitia Allemand (Domaine Allemand) et Birte Jantzen (Winebubble).
Puis, quand j’ai commencé à songer à cette thématique, je me suis dit qu’on allait être en terrain glissant… Comment essayer de répondre à cette question sans tomber dans des propos genrés ? Ceux contre lesquels je m’offusque au quotidien…

Alors, en préambule, on a décidé d’en profiter pour faire tomber des clichés ! En quoi les femmes ne changent-elles pas le monde du vin ? 

Les femmes ne font pas des vins de femmes.

Combien de fois ai-je entendu (de la part d’hommes et de femmes) au cours d’une dégustation de mes vins : « ah, on voit bien que ce sont des vins de femmes. Les tanins sont soyeux, ils ont du charme… ».

En fait, à la Vivarelle, on travaille en équipe en s’attachant à élaborer des vins bien équilibrés, aux tanins bien enrobés qui n’assèchent pas le palais. Mais je ne pense vraiment pas que ce soit une question de genre, il suffit juste d’être à l’écoute de ses terroirs.

Non les vigneronnes ne vinifient pas que des rosés fruités ou des rouges gouleyants, faciles à boire. Les femmes du vin ne changent pas le goût vin !

Les femmes ne sont pas plus douées pour la dégustation.

Certains pensent que les dégustatrices sont plus fines, plus compétentes, dans l’exercice de l’analyse sensorielle. 
L’aptitude à la dégustation, et notamment à la reconnaissance des arômes, dépend des prédispositions génétiques, mais surtout de la pratique, de l’apprentissage. 

Pourquoi nous arrive-t-il d’être ému lorsque qu’on respire un vin ? Parce que son nez nous replonge dans un doux souvenir d’enfance. L’identification des familles aromatiques composant le bouquet d’une cuvée est avant tout liée à notre passé olfactif et non à notre sexe.

Les femmes ne mettent pas la barre plus haut en terme de dégustation !

Les femmes ne sont pas forcément attirées par les étiquettes roses.

Le marketing genré m’a toujours dérangée. Il est vrai que la répartition des tâches n’est toujours pas d’actualité et que ce sont encore les femmes qui se chargent de remplir le frigo du foyer, donc d’acheter le vin.

Des études disent que celles-ci pourraient être attirées par des packagings modernes aux couleurs « flashy ». Mais cela ne serait-il plutôt pas une question de génération plus que de genre ? Ces codes ne parleraient-ils pas plus aux jeunes consommateurs avides de fun ?

Les consommatrices, les vigneronnes, les chargées de marketing, ne tombent pas toutes sous le charme du « girly » ! Elles s’attachent avant tout à la qualité de l’habillage.

Les femmes qui réussissent ne sont pas toutes des « dames de fer ».

Ce cliché n’est malheureusement pas spécifique à la filière vin. Les femmes qui exercent des métiers de haut vol sont souvent réputées pour avoir un caractère fort, exerçant un management à la dure… 

Il est encore malheureusement vrai qu’elles ont du faire leurs preuves plutôt deux fois qu’une pour en arriver là, taper du poing sur la table pour s’imposer, résister à des propos sexistes. Mais ce n’est évidemment pas pour autant qu’elles sont devenues des despotes… 

Peut-être que ce parcours du combattant a un peu forgé leur caractère ? Et puis, cela se saurait si les hommes les plus influents de la filière vin étaient doux comme des agneaux…

A suivre, la deuxième partie de notre table ronde, qu’est-ce que les femmes du vin changent ?

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