Sous les spotlights
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Les vins ambrés de Géorgie

Après ce wine trip palpitant en Géorgie, il me semble important de revenir plus en détails sur l’élaboration des vins ambrés. Tout simplement parce qu’ils sont uniques…

Ils sont tendance en France depuis quelques années sous le nom de « vins oranges » (voir billet Vin orange, la tendance de la rentrée). Cependant, la Géorgie, le berceau de cette technique de vinification, n’est pas d’accord avec cette dénomination qui porte à confusion avec le vin d’orange (fait à partir de cet agrume). Le pays a demandé à l’OIV (Organisation Internationale de la vigne et du vin) de légiférer sur la catégorie « amber wine » ou vins ambrés en français.

De plus, l’élaboration des « vins oranges » s’inspire de la « méthode traditionnelle » géorgienne mais elle n’est pas faite dans les règles de l’art.

Atelier de fabrication artisanale de qvevri.

La Géorgie est « le pays où l’on tire le vin de la terre ». La « méthode traditionnelle », appliquée depuis 8000 ans, est réalisée en qvevris, ces sublimes jarres en terre cuite, confectionnées entièrement à la main (voir billet Wine trip, les vins de Géorgie #2) et enterrées dans les maranis (les chais authentiques).

Les exceptionnels vins ambrés sont des blancs secs vinifiés comme des rouges c’est-à-dire qu’ils macèrent avec les pellicules, les pépins et parfois même les rafles, pendant plusieurs mois (entre 1 et 12 mois) avec très peu d’intervention de l’Homme (pigeage manuel, pas de levurage, contrôle des températures par l’inertie thermique de la terre…). 

Ces vins riches, complexes, structurés par des tanins, sont inhabituels pour nos palais mais passée une courte phase d’apprentissage, ils sauront vous séduire…
Ils sont parfaitement en accord avec la gastronomie géorgienne, riche de ses influences asiatiques et orientales, qui offre une extraordinaire variété de plats assaisonnés d’herbes sauvages, d’épices, de noix. 
« Chaque plat géorgien est un poème », Alexandre Pouchkine. 

Cette technique ancestrale demande peu de matériel de vinification mais elle exige beaucoup de manutention et ne peut donc s’appliquer que sur des volumes restreints.

Un marani datant du 17ème siècle.

A côté de cela, certains domaines (généralement les plus gros) optent pour la « méthode européenne » en cuves avec, en option, un élevage en fûts de chêne. Cette vinification nécessite plus de technologie (pressoir pneumatique, filtration…), mais elle permet de vinifier de plus grosses quantités. 

Même si j’ai été plus intéressée par la « méthode traditionnelle », c’est une fabuleuse découverte parfaitement adaptée à l’expression des cépages endémiques, je ne me permettrais pas d’apporter un jugement de valeur. 
Elles sont toutes deux complémentaires, à l’origine de vins ayant des typicités distinctes, pour des moments de consommation différents.

A venir, ma sélection de vins coup de cœur…

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