En primeur
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Les primeurs à Bordeaux, let’s go !

Le départ du marathon des dégustations de la semaine des primeurs 2014 vient de sonner ! Un millésime qui s’annonce prometteur en terme de qualité (le meilleur depuis le fameux 2010 ?) et de quantité (un rendement en hausse de 37% comparé à 2013). Qui s’inscrit dans un contexte économique mondial tendu ; notamment vis à vis du marché chinois. Et qui sera marqué par l’absence de deux acteurs majeurs : le Château Latour (qui s’est retiré de la vente en primeur il y a trois ans) et le « gourou » Robert Parker. Alors ça c’est du scoop !

Mais concrètement, quels en sont les acteurs ? Comment ça se passe ? Quel en est le timing ? Retour sur un précédent billet : Les primeurs à Bordeaux, quèsaco ?

Vins primeurs et vente de vin en primeur ?
Tout d’abord, il est important de différencier les vins primeurs de la vente de vin en primeur.
Un vin primeur ou vin nouveau est un vin mis en bouteille juste après la récolte, dès la fin des fermentations (alcoolique et parfois malolactique) et vendu dans la foulée (3ème jeudi d’octobre ou 3ème jeudi de novembre selon les vignobles). C’est un vin, majoritairement rouge, léger, aromatique, à consommer rapidement, tel le célèbre Beaujolais nouveau et ses arômes fermentaires de banane ou de bonbon anglais.
Un vin vendu en primeur dans le bordelais est un système de commercialisation anticipé. Les achats se réalisent alors que l’élevage du vin n’est pas terminé. Le produit ne sera livré qu’1 à 1,5 ans après, dès sa mise en bouteille.

Un peu d’histoire ?
Mise en place dans les années 70, la vente de vin en primeur est une tradition typique de la région bordelaise. Elle concerne principalement les vins à forte notoriété pour lesquels les spéculations vont bon train (en gros les vins chérots).

Quels vins ?
Les vins issus de la récolte 2014 qui sont en cours d’élevage barrique et ne seront mis en bouteille (et donc livrés) qu’entre mai et novembre 2016.

Qui déguste ?
Les journalistes, les leaders d’opinion (œnologues), les acheteurs de la Place de Bordeaux (courtiers, négociants) et du monde entier (distributeurs, importateurs).

Où ?
Les dégustations sont organisées dans des lieux prestigieux (Grand Théâtre, Palais de la Bourse) par les différentes appellations (Vins de Graves, Lalande de Pomerol,…), l’Union des Grands Crus de Bordeaux, le Grand Cercle des Vins de Bordeaux ou directement dans les Châteaux.

schema-2014

Le timing ?
Suite à cette semaine de dégustation, la « renommée » du millésime 2014 est lancée ; un océan d’articles divers et variés se déverse et les notations des vins sont attendues comme le messie (Revue du Vin de France, Wine Advocate, Wine Spectator, Decanter,…).
Commence alors, courant mai/juin, l’étape décisive de fixation des prix par les Châteaux. Et c’est là qu’il ne faut pas se louper ! Les prix doivent être cohérents avec la qualité et la quantité du millésime considéré, les stocks et les prix des millésimes précédents, la conjoncture économique mondiale, mais aussi avec des critères moins (comment dire) « objectifs » tels le prix des voisins ! Petits à petits, les Châteaux annoncent leur prix de vente et, tadam ! Les transactions peuvent alors commencer.

Qui achète/vend ?
La 1ère étape se fait au sein des protagonistes de la Place de Bordeaux selon un schéma spécifique. Les Châteaux vendent aux négociants (selon un système d’allocations) via l’intermédiaire de courtiers. Le rôle de ces derniers étant d’assurer les négociations entre la production et les acheteurs.
La 2ème étape dépasse rapidement nos frontières. Les négociants vendent à des distributeurs (grossistes, importateurs,…) ou plus rarement, directement aux consommateurs.

Les allocations ?
Il s’agit de la quantité de vin qu’un Grand Cru alloue à un négociant donné. Ce système sécurise les Châteaux. Il récompense un historique, une relation de confiance, une fiabilité (la solvabilité des acheteurs).
Mais attention, les allocations ne sont pas gravées dans le marbre ! C’est-à-dire que, en cas de millésime peu qualitatif, le négociant doit quand même acheter les quantités qui lui sont allouées. Sinon, il est quasiment assuré de perdre ses allocations pour les millésimes futurs. C’est le revers de la médaille !

Pourquoi vendre/acheter en primeur ?
Pour les Châteaux : une entrée de trésorerie, la sécurisation de leur commercialisation.
Pour les courtiers : à savoir qu’environ 50% des Grands Crus sont vendus en primeur et que les courtiers prennent un % par bouteille vendue. Ai-je besoin d’en dire plus ?
Pour les négociants : le respect des allocations, des prix plus intéressants.
Pour les particuliers : l’accès à des vins rares à des prix plus abordables (de 10 à 30% moins chers).

Peut-on juger de la qualité d’un vin aussi prématurément ?
Oui, on peut estimer le potentiel qualitatif d’un vin encore en cours d’élevage. Mais encore faut-il en avoir l’habitude. C’est pour cela que ces dégustations ne peuvent s’adresser qu’aux professionnels. Les vins notés en primeurs sont cependant ré évalués lorsqu’ils sont mis en bouteille.

On se retrouve très vite pour le debrief !

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