Sous les spotlights
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La Dominique, au voyage des sens

A l’occasion des journées portes ouvertes de Saint-Emilion, le cœur léger en ce dimanche ensoleillé, j’ai poussé la porte du Château La Dominique.
J’avais eu l’occasion d’y passer en coup de vent pendant la semaine des primeurs et, à la vue de cette œuvre majestueuse signée Jean Nouvel, je me suis dit qu’il fallait absolument y retourner. Ne serait-ce que pour siroter un verre sur la terrasse panoramique !

Le Château La Dominique appartient à Clément Fayat, un riche (avais-je besoin de le préciser ?) chef d’entreprise dans le BTP, qui possède deux autres propriétés dans le bordelais ; Le Château Fayat (Pomerol) et le Château Clément-Pichon (Haut-Médoc Cru Bourgeois).

Le Château La Dominique est un Grand Cru Classé, situé au Nord-Ouest de Saint-Emilion, en bordure de l’appellation Pomerol et au voisinage des Châteaux Cheval Blanc, Figeac, L’Evangile et La Conseillante. On peut dire qu’il est bien entouré !

Dès le rachat de la propriété en 1969, Clément Fayat a œuvré à la restructuration du vignoble. Avec 30 ha d’un seul tenant (80% de Merlot, 15% de Cabernet Franc et 5% de Cabernet Sauvignon), elle fait aujourd’hui partie des propriétés les plus conséquentes de l’appellation.
Afin de répondre à des besoins techniques mais aussi à une volonté de partager sa passion du vin, d’importants travaux ont été lancés en 2012 en vue d’aménager un nouveau chai et un espace d’accueil. Ce projet d’envergure a été confié à Jean Nouvel, un des plus célèbres architectes français, qui a reçu le prix Pritzker en 2008 (que l’on peut considérer comme l’équivalent du prix Nobel d’architecture).
Ce n’était pas la première collaboration entre les deux hommes car, ensemble, ils ont déjà livré l’hôtel de ville de Montpellier et le Musée du Quai Branly, à Paris.

Après le Château Les Carmes Haut-Brion (Pessac-Léognan) et Philippe Starck, le magnat du vin Marqués de Riscal (Rioja) et Frank O. Gehry, le Château La Coste (Aix-en-Provence) et sa multitude d’artistes et d’architectes (Frank O. Gehry, Jean Nouvel, Louise Bourgeois, Jean Prouvé, … ), le voisin Cheval Blanc et Christian de Portzamparc, voici un nouvel exemple de mélange des talents ; quand l’art et l’architecture épousent le vin, je dis banco !

Deux ans plus tard, la visite peut commencer !

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Le projet imaginé par l’architecte repose sur l’interprétation des sensations liées à l’élaboration et la dégustation d’un vin rouge.
La bâtisse traditionnelle en pierres de taille a été prolongée des deux côtés par deux ailes contemporaines recouvertes de lames d’acier polies de couleur rouge sombre ; comme un navire flamboyant qui avance sur le vignoble.

Pour cette réalisation, Jean Nouvel s’est inspiré du sculpteur contemporain Anish Kapoor ; un maître dans l’art des jeux de lumière et de matière.
Les lames d’acier sont teintées selon 6 nuances de rouge afin d’évoquer les variations de couleur d’un vin au cours du temps ; du rouge cerise pour un vin jeune au rouge brique pour un vin plus évolué. Par un jeu d’inclinaison de ces plaques métalliques, le paysage se reflète de manière inversée. Les rangs de vigne se retrouvant en suspension au dessus de l’horizon.

Dès le premier coup d’œil, on est envahi par un sentiment de chaleur et d’immensité.

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A l’intérieur, le chai de vinification s’ouvre vers le vignoble par un mur entièrement vitré. Le maître de chai a fait le choix de l’équiper de 22 cuves inox thermo-régulées tronconiques afin de maîtriser le contrôle des températures pendant la fermentation alcoolique et de favoriser l’extraction durant la phase de macération.

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Le nouveau chai à barriques est tout en rondeur afin d’illustrer l’étape de l’élevage ; une étape essentielle pour la structuration et la rondeur des vins. Et la encore, on a droit à un équipement dernier cri ! Chaque barrique est équipée du système OXOline permettant de l’individualiser afin d’en faciliter le maniement.

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Après cette incartade technique, passons aux festivités ! Quand on arrive sur la terrasse à débordement sur le vignoble, on est les rois du pétrole ! Une sensation de plénitude et d’immensité nous envahit face à ce dédale de ceps de vigne à perte de vue.

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A ne louper sous aucun prétexte : la vue imprenable sur le nouveau chai en forme de vague du Château Cheval Blanc et son toit végétalisé.

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L’expérience sensorielle continue lorsqu’on foule le sol de cette terrasse du bout du monde. Au centre, un tapis de galets de verre rouge nous permet de revivre le foulage manuel des baies comme à l’époque (un conseil, évitez les stilletos !).

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Le resto, je ne l’ai pas encore testé. Mais bon, étant donné qu’il est géré par le propriétaire de La Brasserie Bordelaise, on peut considérer que c’est une valeur sûre !

La Dominique, un voyage des sens où tradition et modernité font bon ménage !

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