En primeur
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Les primeurs à Bordeaux, le debrief

Après cette semaine des primeurs à Bordeaux, me voilà avec les yeux qui pétillent et les papilles engourdies.
En quelques mots : un marathon de dégustations, de belles rencontres, des chais renversants, des réceptions « de l’ambassadeur », des négociations acharnées, un millésime atypique, de belles surprises !

2013, un millésime atypique, qui restera gravé dans les livres de cave

Des rendements très faibles : au minimum 30% de récolte en moins comparé à 2012. Il n’est pas rare de rencontrer des 10 hl/ha dus aux fortes pluies pendant la floraison et à un tri draconien de la vendange afin de faire face à une qualité sanitaire insuffisante.
Un recours à la chaptalisation* afin d’augmenter le degré d’alcool et d’améliorer l’équilibre en bouche des vins.
Une extraction limitée en vinification en rouge pour éviter l’extraction de tanins non matures.
Des assemblages modifiés : une proportion très faible de Merlot dans le Médoc ; vendangés prématurément (avant maturité optimale) car soumis à des attaques sévères de pourriture grise (Botrytis cinerea).
Des vins moins concentrés, un potentiel de garde limité (à consommer dans les 10 ans max) mais plus accessibles, sur le fruit.
Un millésime qui met en valeur le savoir-faire, la technicité, la connaissance du terroir, mais aussi le millésime de l’argent ; la force de frappe et de réactivité de ceux qui ont les moyens d’avoir une main d’œuvre importante pour la récolte et le tri de la vendange.

La chaptalisation* : au moment de la vinification, si la teneur naturelle en sucre dans le moût est insuffisante, du sucre peut être ajouté pour augmenter le taux d’alcool. Attention, la chaptalisation est très réglementée et n’est pas autorisée dans toutes les appellations.

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Les bonnes surprises de la semaine

En rouge :
La découverte, le Château Jaulien, Pessac-Léognan ; un vignoble de 5 ha (80% Cabernet Sauvignon, 20% Merlot).
Château Larrivet Haut-Brion, Pessac-Léognan ; 56% Cabernet Sauvignon, 35% Merlot, 9% Cabernet Franc.
Clos Marsalette, Pessac-Léognan ; 55% Merlot, 43% Cabernet Sauvignon, 2% Cabernet Franc.
Château Mouton Rothschild, Pauillac ; 89% Cabernet Sauvignon, 7% Merlot, 4% Cabernet Franc.

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Château Canon-La-Gaffelière, Saint-Emilion ; 70% Merlot, 25% Cabernet Franc, 5% Cabernet Sauvignon.
Château Péby Faugères, Saint-Emilion ; 100% Merlot.
Château Cheval Blanc, Saint-Emilion ; 53% Cabernet Franc, 47% Merlot.
Mon chouchou, le Château Clinet, Pomerol ; 90% Merlot, 9% Cabernet Sauvignon, 1% Cabernet Franc.

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En blanc :
La valeur sûre, le Château Smith Haut Lafitte, Pessac-Léognan ; 90% Sauvignon Blanc, 5% Sauvignon Gris, 5% Sémillon.
La découverte, le Château Bardins, Pessac-Léognan ; une parcelle de 0,5 ha (33% Sauvignon Blanc, 33% Sémillon, 33% Muscadelle).
La rareté au prix cher, Aile d’Argent (du Château Mouton Rothschild), Bordeaux ; 67% Sauvignon Blanc, 33% Sémillon.
L’excellence, le Château d’Yquem, Sauternes ; Sémillon, Sauvignon Blanc.

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Les primeurs au-delà du Bordelais

Pour notre plus grand plaisir, la semaine des primeurs ne se cantonne pas au vignoble bordelais. Voici mes bonnes surprises « all over the world » !
Des vignobles Bernard Magrez : Domaine Herencia del Padri, Priorat, Espagne ; La cuvée de Mes Nuits Blanches, AOP Coteaux du Languedoc.
Dégustation « La Grappe » des vins Derenoncourt Consultants : une Syrah indienne, Alpine Wineries.

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Une campagne des primeurs, tendue, haute en rebondissements

Des prix annoncés bien plus tôt qu’à l’ordinaire : sans dégustation préalable (Château Pontet-Canet lien, Pauillac ; idem qu’en 2012), pendant la semaine des primeurs (Château Gazin lien, Pomerol ; moins 3%/2012) et avant les fameuses notations !
Des rumeurs de vins qui ne seront pas vendus en primeur mais après leur mise en bouteille ; le Château Le Pin, Pomerol, le vin le plus cher de Bordeaux et ses 1000 bouteilles en 2013 !
Une campagne rapide comme pour tourner la page de ce millésime épuisant.

Les premières tendances prix !

Château Pichon-Longueville Baron, Pauillac ; -17%/2012, mais 26% plus cher qu’en 2008.
Château Gloria, Saint-Julien ;  – 6%/2012, mais +25%/2008.
Château Petit-Village, Pomerol ; – 3%/2012.
Château Smith Haut Lafitte, Pessac-Léognan ; rouge – 6%/2012 et blanc – 4%/2012.
Une tendance à la baisse, mais n’est-elle pas trop timide ?
Il est cependant difficile de généraliser, les prix se raisonnent au cas par cas selon l’historique des années précédentes, des disponibilités et de la qualité des vins.

Un millésime 2013 plus accessible pour les palais et les portefeuilles !

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